MOYENS D'EXPRESSION DU SENTIMENT
regard m'évite,,, — Mais non. Je ne dois pas dire cela si vite (v. h., R.-Blas, 111,3).
On notera en particulier la substitution du nom verbal, Tinfinitif, à une forme personnelle : Être venu jusque-là et reeuler ! — Mais doucement détruire une femme ! et creuser sous ses pieds une trappe ! et contre elle abuser, Qui sait ? de son humeur peut-être hasardeuse ! Prendre ce pauvre oiseau dans quelque glu hideuse ! (v. h.. R.-Blas, i, 2) ; — Assister à la messe encore une dernière fois, quoique morte ; entendre ces paroles consolantes, ces chants qui sauvent ; être là sous le drap mortuaire, au milieu de l'assemblée des fidèles, famille qu'elle avait tant aimée, tout entendre sans être vue... oanniuiiier encore une fois.,, quelle joie ! Elle lui fut accordée (res,,Souv, Enf., 55-56). il semble dans beaucoup de cas qu'on présente l'action sans la rattacher à l'idée de quelqu'un qui la fait, et comme pour la considérer en elle-même, sauf à marquer par le ton et par le contexte les sentiments qu'elle inspire : Elle, pleurer !... elle, souffrir, mon Dieu !.,. elle, ma vie, mon âme... c'est affreux.,, (a. dumas, Antony, m, 3).
Autres moyens. — Il faudrait ajouter plusieurs des » figures » qu'étudiait autrefois la rhétorique, telle que la répétition: Le conspirateur, l'agent de r étranger, c*BSi ce bègue éloquent... Le conspirateur, l'agent de l'étranger, c'est le père Duchesne... Les conspirateur^, les agents de l'étranger, ce sont tous ces sans-culottes en bonnet rouqe... Le conspirateur, l'agent de l'étranger, e'est Anacharsis Cloots (a. frange. Les Dieux ont soif, 288-289).
Le sentiment pousse à chaque instant à prendre la forme ironique. D'où les exclamations, les conseils, etc., en apparence les plus inattendus : Judith, raconte-moi un peu ce qui se passe... dans la lune ! — Moque-*t<li de moi maintenant (becq. Corb., i, l) ; — voilà une jolie fête qui se prépare. Je TOUS remercie bien de me retenir (Id., Ib., i, 6).
Les phrases deviennent entrecoupées, haletantes, désordonnées : « Ah ! grand saint Père, ce qu'il y a ! Il y a que votre mule,.. Mon Dieu ! qu'allonsnous devenir ?... Il y a que votre mule est montée dans le clocheton... >» (a. daud., Lett., Mule du pape).
Mais tout cela est affaire de style plus que de syntaxe.