‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 318 sur 586 · CHAPITRE PREMIER LA VOLONTÉ, MOYENS D'EXPRESSION DE LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER LA VOLONTÉ, MOYENS D'EXPRESSION DE LA VOLONTÉ

Généralités. — Il n'y a peut-être pas de chapitre où apparaisse plus clairement la disproportion entre les moyens dont dispose la langue et la variété des actes de l'esprit. Les uns sont des commandements, les autres des demandes, les autres des souhaits. Et dans chacune de ces catégories la diversité est extrême. Une revendication est si loin d'une prière 1 Or, comme or le verra par la suite, des moyens identiques d'expression linguistique servent dans les cas les plus différents.

C'est le ton qui leur donne leur valeur. Vn gendarme qui vous invite à le suivre, et une dame qui vous invite à dîner n'ont pas les mêmes intonations. Nous n'en examinerons pas moins séparément, commandements, propositions, demandes et souhaits. Mais, pour abréger, nous nous bornerons à donner un exemple chaque fois que nous renpontrerons avec une valeur nouvelle, une forme déjà étudiée. Des renvois permettront de se reporter au passage où il en a été question.

CSoxnxnandexnentB de style indirect et de style direct. — Comme les jugements, comme les sentiments, les volontés se traduisent en phrases, où la modalité est dans une principale C'est elle qui renferme alors le verbe exprimant l'idée de vouloir. Ainsi : J'exige que tu sortes; — j'entends que tu t'observes davantage (becquk, Corb,, i, 3).

Mais, à la différence de ce qui se passe pour le sentiment, la volonté se traduit en ordres par une forme verbale spéciale : l'impératif ! Sors^allez-y.

Il y a donc un commandement de style indirect et un commandement de style direct. Il ne faudrait pas croire du reste que ces moyens d'expression s'excluent l'un l'autre. La vieille langue combinait très bien le style direct et l'in iirect : Por Dieu te pri, qi en la crois fu mis, Que en Vcsior hui seul ne me guerpis (r. de camb., 2652). Guerpis est un impératif, comme s'il n'y avait pas je te prie. En langue moderne cette combinaison a disparu.

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