‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 397 sur 586 · LES DIVERS DEGRÉS · texte numérisé non relu

LES DIVERS DEGRÉS

Mais il faut prendre garde que même ces idées, qui apparaissent au premier abord comme absolues, peuvent en certains cas être susceptibles de degrés. On y joint couramment des expressions telles que complètement, tout à /ait. Pourquoi, sinon pour marquer que les êtres ou les objets possèdent ces qualités sans restriction : parfaitement, complètement immobile ; absolument parfait ? La raison en est que le sens primitif s'affaiblit par la diffusion de l'expression, et qu'il a besoin d'être affirmé. Divine n'a pas ici son sens propre. La bonté d'une femme n'est divine que par assimilation. On pourra donc dire vraiment divine, absolument divine, Bossuet s'écrie : Qu'ij a-t-il de plus facile, et qu*y a-t-il, si je puis parler de la sorte, de plus infini... que cette divine bonté {Serm. s, la divin, de la relig.).

Les caractéristiques des actions, exprimées par des adverbes, sont naturellement sujettes aux mêmes modifications : la chapelle est située... tout au bord du lac (a. daud., Tart. Alp., 96).

Elles donnent lieu aux mêmes réserves : il n'y a aucune modification de degré possible dans l'adverbe : Sur le noir Golgota saigne éternellement.

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