‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 407 sur 586 · CHAPITRE III CONJONCTIVES ET CONJONCTIONNELLES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III CONJONCTIVES ET CONJONCTIONNELLES

La conjonctive, par la variélé des rapports qiicîle lîiiirquc, tient à la fois de la subordonnée et de la coordonnée. Quand on dit : // poussa la porte qui s'ouvrit, le sens est à peu près: ri tiit^ s'ouprit: — Cf. Rapporte (oujoitm h's vltampignons, ma mère eM là, qui les examinera un à un. Il ne faudrait fjas toutefois croire à une simple juxtaposition de deux idées ; la relation marcpiée par le eonjonctit est 1res êlniHe (1).

Très souvent, on peut dire le plus souvcnL la proposition à forme conjonctive, joue un r61e de subordonnée, NousTavons vu dansl'Oi>/e/(p. 352). Je fa Pis qui croisait iit me : — on ifs entendait qui discutaient. Cette même propositîan se renecinlre bien ailleurs. Elle marque toutes sortes de rapports, 11 est 1res fréquent par exemple qu'elle marque la coïncidence dans le tenijis : Lr chut est au jardin, qui guette les oiseaux. Le sens est à peu prés : en train de guetter (2).

Etle intervient également pour exprimer des fins» des causes, des hypo- Uiéses, nous le verrons dans cimcun «les chapîtres oi^ nous étudierons les rapports des idées entre elles : Pierre, qui connaissait son père, ne perdit pas confianee : (la proposition eonjonrtive a la valeur d'une causale). Dans : fe Deux une bague qui VOUS plaise, le sens est : qui soit de telle sorte gu'elle vous plaise: la proposition eoujonetive a ïa valeur d'une finale, etc.

Diâtinctioîis entre conjonctions et conjonctiis, — Si les rapports

de sens entre conjonctives et conjonctîonnelles sont très étroits, les rapports de forme ne le sont pas moins (\'. p, 179).

Qvx et Qi:*iL n'ont longtemps fait qu^m. Il faut arriver jusqu'au XVlI«s„ pour qu'on tes reconnaisse avec sûreté l'un fie l'autre. D'où toute espèce de confusions,

Qi-*îv. — En n. f,, quand on rencontre une pbrase telle que celle-ci: tin garson que l'on disait qui estait fiis Berîain : il est impossible d^affirmer que ce gui soit un conjonctif.Si bien que &dns: unt puceîte qn^on disoit qu*elte

(1 » On a élé fort embarrasivè de classer Ips proposîtiioTis conjonctîvci, c'est-à-dire celles oft pntreni des ri^prt-scntaiils coninnc-tlfs. Si on ne considère quç la forme, rScn de plus ûmpte.

Qiiunt a la valeur logîcfuc. elle ç^l exlrênit-nienl variée» e1 U ot viiiitiiriU Irop coiDinodc df les sépale r en ezpUcatiws v\ fiHrttuifutfiifes (17).

f2l TOBL., Verm^ Btitr., iii. 65.

CONJONCTIVES ET CONJONCTIONNELLES

estoii fille Bertain, il est, malgré l'apparence, impossible encore (raffirmer qu'on est vraiment en présence d'une complétive introduite par que (h. l., I, 345 ; II, 424-28).

Il a été extrêmement difficile, même en langue moderne, de démêler le rôle de que dans les constructions doubles, telles que : un enfant que tu dis que tu as vu. Cf. D'autres ont des détours qu'on ne sait ce que c*est (th. corn., D. Juan, IV, 1).

Nous avons parlé au Chapitre delà Représentation (j^, 181) du que remplaçant tous les autres conjonctifs. Nous n'y reviendrons pas ici, sauf pour marquer qu'il n'y a qu'une différence arbitraire entre ce que conjonctif et la conjonction.

Combien d'exemples pourrait-on citer de confusions entre alors que et à l'heure que. Longtemps: à l'heure que nous en avons besoin ne se séparait guère de : alorsque nous en avons besoin. Nous aurons à signaler des ressemblances analogues, par exemple entre au moment que et du moment que.

D'autre part où est la limite entre que conjonctif et que conséquentiel? Voici une phrase du Ménagier de Paris : Car à peine trouverez-vous aucun que, s'il a aucun amy qui apparçoive son péchié, ja puis ne le verra de si bon cuer (i, 178); — Comparez cette phrase de Malherbe : il est des choses d' une certaine forme, que toute leur signification s'en va hors de nous (ii, 146).

La ou. — Au XVie s., là où jouait très nettement un rôle de conjonction. On le retrouve encore dans Malherbe avec la valeur de tandis que : celui qui vit a plus besoin de la vie, là OÙ celui qui n'est pas né se passe et de la vie et de toute autre chose (malh., ii, 85).

De quoi et dont. — Ils ont été longtemps synonymes de : de ce que (h. l., II, 383 ; m, 390). — // s'excuse de quoy il ne luy a pas envoyé des roses (Nouv. rec. de let., 1638) ; — Les marchands de la Halle se plaignent de nous de quoy nous leur enchérissons les œufs (v. h. l., ix, 141) (1).

Parce que et par ce que n'ont été séparés que par une règle de Vaugelas, qui sentait bien l'équivoque possible. Il n'aimait pas cette phrase : // m'a adouci cette mauvaise nouvelle, par ce qu'il me mande de la bonne volonté que le Roy a témoigné pour vous (i, 172). La langue moderne écrite a seule résolu la difficulté par une distinction orthographique (2).

(1) Pour quoique et quoi que voir à V Opposition, liv. xxiv, ch. \ui.

(2) On trouve encore chez >!■• de Sévigné les divers éléments de la locution séparés par une incise : nous opinons à prendre â gauche, parée, disons-nous, qu'en tout cas celui-là nous conduira plutôt çu'nn autre vers Notre-Dame des Anges (Lett.y ccccxxxiv).

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