‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 410 sur 586 · USAGE DES CONJONCTIONS · texte numérisé non relu

USAGE DES CONJONCTIONS

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Suppression de la conjonction. — Que pouvait manquer tout à fait a. f. ; il est toujours nécessaire en français moderne.

Reprise de la conjonction. — Dès le XII^ s., on répétait souvent la conjonction devant chacune des propositions subordonnées unies par et ou ni : Tant fii iluec à la fcnestre. Qu'il an vit la dame râler. Et que l'an ot fet avaler (Yvain, 1516) ; — Ains qu*il entrast en Franche nequ^il veist Orliens {Mol, 4837).

Mais, au XVIe s. encore, cet usage n'était pas constant. Au XVI I« s., au contraire, la répétition parut nécessaire. Vaugelas a posé là-dessus des règles précises. Corneille a été blâmé d'écrire : que je meure s'il s'achève et ne s'achève pas. Cet e/,dit l'Académie, conjoint ce qu'il doit séparer, il fallait: et s* il ne s'achève pas.

On doit naturellement considérer d'une part le rapport des deux idées, de l'autre la nature de la ligature, ainsi que pour la répétition des prépositions. Même avec un r/,il n'est possible de se contenter d'une seule conjonction, que si les deux idées sont étroitement unies par le sens, comme dans : Mais encore que les riches marchent à leur aise, et semblent n'avoir rien qui leur pèse (boss., Émin. dig. des pauv., 2« p.).

Que représentant de conjonctions. — Le très a. f. ne connaît guère ce remplacement. On dit : Quant li jorz passet et il fut anoitiet (A/., XI, 51). Quant n'est ni répété ni remplacé. Il est probable qu'on a pris d^abord l'habitude de répéter le que qui entrait dans les locutions telles que : puis que, par ce que, etc. Ceci se rencontre dès le XII® s. En m. f.. l'usage de remplacer les autres conjonctions par un que se généralisa. Aujourd'hui, au lieu de répéter bien que. quoique, quand on n'a pas intérêt à le faire pour des effets de style, on répète seulement le que contenu dans la locution conjonctive : Je préférerais la tuile, parce quV//e a rair plus propre et plus gai que le chaume, qu'on ne couvre pas autrement les maisons dans mon pays, et que, ce/a me rappellerait un peu l'heureux temps de ma jeunesse (rouss., Emile, 1. iv) ; — Et se tournant vers le second Je juge lui dit : Parce que tu n'as point été seulement juste, et que la charité pénétra ton cœur ; parce que ta main s'ouvrit pour répandre sur tes frères moins heureux les biens dont tu étais dépositaire, et qu*e//e essuya les larmes de ceux qui pleuraient... (Lamennais, Liv. du peuple, x).

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