‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 430 sur 586 · MODALITÉS DANS LES COMPARAISONS · texte numérisé non relu

MODALITÉS DANS LES COMPARAISONS

A) 1^ On compare une réalité' à une réalité, assurée ou imaginaire. Il y a parloiit aflirmtition : Mivlz en valt lors que nelunt einc eenz livres (fiol,, 516) ; — Comme un usurier met son or sur une labk% Le Meurtre sur les morts jette tes morts, et rit (v» h., Lég., P. Roi de Gai.). Le mode employé est rindientlf (1).

20 On compare une réalilc certaine à une possibilité. Le second membre est au subjonctif potentiel. C'est à ces propositions comparatives qu'il faut rapporter les anciennes ftirmules : tant come je tienge (= autan l f|ue je puisse tenir ; Alise 0, 290) ; — Ains mes ne te tu, que je sache (chrkst., Er., lfK}5). Chez les classiques, le tour élait encore fréquent après aussi que, autant que : Clarice est belle et sage Autunt que dans Parts il en soît de son âge (CORN., Ment,^ 577-578) ; — it est aussi treuu, aussi bien /ail et aussi riche gu*on te puisse être (bodrs., Leil,, i, 168-169). Cf. en L m. : autant que je saehe et que je saehe.

30 La seconde idée est présentée comme duuicuse ; le verbe était autrefois au subjonctif : on les sent ptustost qu'on ne tes vote (pasc, Pens,, éd. Molîm, II. 145). Ce tour est complet cm en 1 abandonné.

0) 1^ On compare une résjlité ;i une éveulualité. L'a. f. mettait Tim parfait du subjonctif au second terme : Plus aimet il traïsnn e murdrie. Qu'il ne fesist Irestut l'or île Getlice {Rûi., 1636). Le sens est : qu'il ne ferait tout l'or de Gatiee; — Miauz est assez qn'fte ti mante. Que ses sire fust dépeciez (CHREST., Er., 3420).

Le français moderne emploie le conditionnel : c'est une évattonée, comme dirait nm tanle ; — // marchait comme un homme qui aurait luj : — U énorme charpente,,, tourna plusieurs fois sur elle-même comme une aile de moulin qui s'en irait tonte seule à irauers Vespace (v. h., N. D., ii, 210); — Sehmuckc, regardait toutes les petites bêtises de son ami, comme un poisson qui aorait reço un billet d'inuitation regarderait une exposition de fleurs au Luxem* bourg (balz,. Cousin Pons, 25) ; — (La maison) se trouvait scetlée au flanc même de la cathédrale, entre deux contreforts^ comme une verrue qui aurait poussé entre les deux doigts de pied d'un colosse (zola, Rêpc, i).

Le subjonctif en fonction de conditionnel n*est bien entendu pas exclu ;

(1 > En A, f.. Il* »ub|onctir <^lait fréquent : Par quoi en mra mieit» df mai Pttrier encor que On ne face irnoiss., Méii^dor, OOOU) ; — Vous nCofJrés plus que Je ne vallb (id.* /6.. 287).

RRUÎÎOT ^f

738 RELATIONS NON LOGIQUES

Pourquoi iiotu vtit'Z-voits, romme 'eût été Dieu même, si ierrible et si grandT (V. H,, H.-liias, m, 3>.

Après si. - Si ne coniportant pas le ((jinljiionnd. la longue le faîf suivre :

il) d'un siibjonelif plus que-parfail, si le Lemps el la imulaliU* le dcniantient : plus tristv (fitr si elle eût Épousé n'importe ipirl atiîrr (uoi'hg.. Corn., 'M}; — un hommr tu Hprnvtr, en AHl 1, crst. imijrz- pou s, comme Si Xapoléon eût daigné rcssusiiier pour deux heurts in\î.?... Cousin Pons^ 6) ; — des ombres peu à peu a^étmmmiftsaient comme si elles eussent passé à travers les murs (flaub.* P, chois,, 183, Sal/).

h) Autrenienl^on eniploieriniparfait el le pliîs-que-parfiiil de rindicatif : La juiuvre femme pleurait comme si Pon emportait su nie (champfl., Cont., IMVl) ; — eiie atnnf tes yeux un peu rouges, comme si les nuits précédentes elle avait beuueotip veillé (kmom., Domin,. 211); — La vie d* Henri d' Aigrizeiles êlait suivie jour pour jour avec aaiiinl d'exactitude que s*il avait consigné chaque soir ses fredaines.,, dans un mémento (cha>ipfl., Coni,, 126) ; — il vous cause du ciet el de t* enfer, de l'avenir et de la Providence, ni ptus ni moins que s'il était conseiller privé du Père Éternel (mlss., Dup, et CoL, 2*f leU).

C*esl comme si esl une lociiUon toute Ta île : C'était comme si le fanlôme de rassassinê fût sorti de son tombeau (ihkiig., (^orn., 126), Comme le loiir sert souvent à comparer le travail cjn'oii fait à des efforts inutiles* il équivaut à dire quN>n aboutira à rien : e\'sl comme si vous chantiez.

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