‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 455 sur 586 · CHAPITRE III L'ATTRACTION DES FORMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III L'ATTRACTION DES FORMES

Malgré le principe général qui a été posé plus haut, et d'après lequel 1 emploi des lemps ne se règle que sur le sens, il est incontestable qu*il se crée, dans certains eas, une eonTormité entre l'action principale et la subordonnée. Celle-ci tend à se placer dans la portion de la durée où est l'autre. Ainsi ; /> savais ht en que Nancy était une vilie élégante. Celui qui parle de la sorte n'a nullement la pensée que N'aney n'a plus ce earactére. Mais, par un phénomène de langage» dans lequel entre pour beaucoup le rapport purement phonétique des désinences, il emploie dans la subordonnée le même présent du passé qui se trouve dans la principale. C'est une attraction de formes, où lu pensée n'est pour rien.

Cette allracUon a eu, dés le XVII^ s., ses théoriciens, Andry de lîoisregard blâme : J'atj eonsnKé.., dv fort habikis gens, el j'ay été surpris de t^oir que leurs srnlin}tnsm'S*3iC2ùTÛent point; U îMoit : acrordoient. Il blâme également : L'Anleitr a bien remarqué que désireux n'est pas du bei nsatic, mais a devait ajoûler que : M, de Vaugetas /a employé. Il falloit n'éioii et t avait. C'est comme si on disait : je vous utj dit qull esi Fesîe aul'ùurd'tiuy... « Quand dans ces sortes de Phrases le premier verbe marque un tems passé, îl faut mettre le seeond à l'imparfait et non au présent » (Suile, 373-375) (1).

L'attraction a souvent pour effet de créer une identité extérieure purement formelle. Voici toute une série d'exemples classiques où, à Timparfait du subjonctif qui exprimerait le futur de l'éventuel, on a substitué un phis-quepartail de la principale qui n'a point de valeur temporelle : Pkust à Dieu qu'on nî eust conseillé que j'eusse ponrsuivy mon afjaire (ounix, Gn, 1632, 203) ; — jamais M. de Saini-Xicotas neût permis qu'on /'eût enseveli dans son cimetière (gar,, Mém., 87). C'est eût permis qui entraîne eùl enseveli . Cf. si te Ciel n'eût voulu que Rome l'eût perdue, Par les mains de Pompée il rauroit défendue (coun.. Cm., 565) ;^-Qui m'eust dit, ihjaquetqaes années, que j'eusse deu vivre plus long-kmps que Car, j'eusse creu quil m'eust promis une vie plus lonqtte que cette des Pair iarcîivs (voit,, Lei, sur car); — // eût été à désirer que chaque mavime eût OU on titre (la rocu,, i, 2S).

Il en*est de même ailleurs pour des infinitifs : ils ont aussi trouvé l'art.., rf 'avoir mis tes premiers un dout^te uigte dans les tempies (rac, Rem. s. Pind,r Ode xiii). Ces attractions ont pour efTet :

lo de faireabandonner des tempsabsolus pour y substituer des temps relatifs,

2o défaire ahandonnerdes temps rclatifspour y substituer des tempsabsolus.

IH t'f., AL«:iL>E lîK SAiNr'MAUBic::^;, /irm., Ot ol suiv.

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