‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 521 sur 586 · MOYENS D'EXPRESSION DE LA RELATION · texte numérisé non relu

MOYENS D'EXPRESSION DE LA RELATION

1^ La donnée est dans un mot ou groupe de mots sans lien apparent avec le reste. — Un pas ! Tout est fini (v. h., Hern., ii, 2); — Un mot, un baiser, je serai payée au centuple (g. sand, //id., 125) ; — Et puis, chaque femme comme chaque homme a son idéal ; on meurt quelquefois en le cherchant; un an de vie de plus, on r aurait trouvé (oaut., Jeun. Fr., 10).

Un et RATTACHE SOUVENT LES DEUX TERMES i — Uu veiTè de cctte noire drogue, de ce laudanum que j'ai dans un flacon,.,, et cette lente torture de mes remords cesserait du coup (bourg., Corn., 3).

2o La donnée est dans des mots variables, adjectifs et participes rattachés au second terme par un lien S3rntaxique. — Et cette femme favorisée du sort, placée autrement, eût sans doute agi différemment (gaut., Jeun. Fr., 10) ; — Le bonheur dérobé, pour moi ce ne serait pas le bonheur, ce serait le remords (lamart., Raph., 83) ; — de tels motifs n'eussent pas été du goût du maître et auraient pu, découverts, nous valoir un bon coup d'appui-main sur la tête (gaut., Romant., 5).

30 La donnée est dans un complément prépositionnel. — Oh ! avec deux enfants, vous seriez pauvre ! (balz., Cous, Pons, 20).

Un des compléments les plus communs est celui que nous avons vu ^n parlant de la cause. La donnée est dans un infinitif construit avec de : Je serais bien bête de me gêner... de me ronger l'âme comme je Iç fais depuis quelque temps (maupas., Bel-Am., 275) ; — Vous ne croyez pas que pour réfléchir vous seriez mieux d*être un peu plus seule, chez vous ? (gavault, Ma tante d'Honfl., i, se 12).

40 La donnée est dans une coordonnée. — A) Cette coordonnée peut être a l'indicatif. — Raisonnons dans r hypothèse la plus défavorable. Monsieur Lefort qui vous parle en ce moment, est éearté de l'affaire. On régie son mémoire, loyalement, sans le chicaner sur chaque article.,. Que deviennent les immeubles ? (becq., Les Corb,, 11, 9).

Dans les systèmes d'opposition, le verbe de la donnée est souvent à l'indicatif futur : vous ferez tous les efforts que vous voudrez, vous n'arriverez pas â votre but.

B) On donne a la coordonnée la forme interrogative : Quelque accident fait-il que Je rentre en moi-même. Je suis Gros-Jean comme devant

Iff

LES HYPOTHÈSES

— Admire-t-oQ la dame^ il se r

(LA FOKT., Fab.^ VII, 10); Chand.^ i, 1 h

De même dans les oppositions : Kos pas sont lourds ? NH Nos fronU ridés ? Au cœur on n'a jamais de rides (w h,, Hetii

C) Le verbe de la DONxéE est a l'impékatik. — Foaîli de ceux qui méritent i>érilat>ti'ment te nom d' artistes^ vous It hommes de bien, tous Migieui (a. dumas, ÀfJ. Ciém,, XXI, 36) lui pourquoi il s*est fait ombre, iî n>n ufif rien (miss.. f:hand: ces mots de grandeur, ôtêî ces noms de Platon et d'Aristote i a reste vrai que l'abbé Barthélémy avait la plus belle tête.,, (s** VII, 192).

De même dans les oppositions. Nous avons cité plus lum Fontiiine: Soyons bien buvants, bien mangeants : Sousdevm trois i'un en dij. an,H {i,\ font., Falfl,, vr, lî>*

D) Lii verbe est au siBjoxcTir. — Qu^un homme fass tromper, it ne trompera personne (boss., Serm, Hom, du m..

Addition d'une ligatiiœ. — On lie souvent la donnée

sillon par et. Dis-moi qui ta liantes, et /> te dirai qui ta es ; attendre encore un quart dlieure, et je m'en vais (muss., Ia Que Dieu imus conserve longtemps. Madame, et peut-être une institution qui fera bénir sa sainte religion (ralz,, En\ 137) ; — Que je trouve un sujet dans ma soij, et j'irai loin 2« sén, 268).

ô" La donnée est dans un subjonctif conditionnel {A] tionnel (B)p — A) Monsieur te Vicomte àùXAl s'en offenser, twmme qui m'écrirait comme cela (mol., Escarb,, 4) ; — Vi tous tes seriucts du monde, on ne peut l'aimer (rLAVB,, Corr.^ J'accepte râpre exiL n'eûl-îl ni fin. ni terme (v. h., ChàL, Lit

B) Je vous verrais loas manquer de pain, aller aux portes, / pas, entendei'Pous ! (a. daud,, //n., 14).

Addition d'lne ligature* — Le plus soin e ni, en pareil! ligature vient rattacher les deux propositions : Cette visite n tieu qUe/f ne seraispas De nue davantage (dumas^ Id. de M^^ Jésus se jùl obstinément refusé à faire des proiiigesi que la foule lui (ren., Jés.t xvi) (1).

Très fréquemment conditionnel vi subjonctif se mélanger binent : Madame Céleste ne m'eût pas soumis ses justes ap, je serais revenu tout seul à ia vérité (cnAMn l.. Conf,, 298);

(1> Je tes pèêtraix dans lu àftlanee cèîeste q,D« i> u'ij tn>tittfmis fMix un Tnoi\ monnaie (mv%s.. On ne Ki/J. p<2s, n, 4) ; — Vempirc serait prockimé demam, encore t comment et en vertti fie quoi i' empire existe ti*«OLTinoN\ Reo, soc.^ 119),

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reçu un coup de maillet sur la tête qu'il n*eût pas été mieux assommé {uuy su. y En route, 261).

La proposition contenant la donnée peut être sous forme interrogative : Quant à Charles, il ne chercha point à se demander pourquoi il venait aux Bcrtaux avec plaisir. Y eût-il songé qu'il aurait sans doute attribué son zèle à la gravité du cas (flaub., Bov., 17).

En subordination. — A) Directe. — 1° La donnée est dans un PARTICIPE présent. — J'obscrvc comme vous cent choses tous les fours Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours (mol., Mis., 159) ; — Ëpar^ gnant son rival, je serois sa victime (corn., PoL, 1464).

2^ Un gérondif. — Mes crimes, en vivant, me le pourraient ôter (corn., PcL, 664); — Un lama bouddhiste... serait moins surpris... en tombant,... dans un milieu... (ren., Souv. d'Enf., 133).

B) Indirecte. — 1^ La donnée est dans une proposition conjonctive. — Un homme qui aurait fait un malheur y vivrait dix ans en paix, sans que gendarmes ou voltigeurs vinssent l'y chercher... (mérimée, Col., 84) ; — Une statue qui descendrait de .son piédestal pour marcher parmi les hommes sur la place publique serait peut-être semblable à ce que j'ai été le jour où j'ai commencé à vivre avec cette idée (mtss., Lorvnz., m, 3).

20 Dans une proposition conjonctionnelle. — Il suffit de tes yeux pour t'en persuader, Si tes yeux un moment pouvaient me regarder (rac.,. Phèd.. 691).

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