‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 527 sur 586 · HYPOTHÈSES ET OPPOSITIONS GÉNÉRALISÉES · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSES ET OPPOSITIONS GÉNÉRALISÉES

Quelque... que. — Il est sorti peu à peu de quel.,, que. Le que s'étanl agglutiné à quel, dans la période du moyen français, on en a ajouté un second : Quelque bonheur que /"eusse éprouvé à être hors d'ici... je ne peux pas consentir à me séparer de lui (s*« beuve, Lundis, iv, 262) ; — Quelque charme croissant que Je trouvasse à la cultiver... je m* aperçus vile que mon vœu définitif ne s'y laissait pas enchaîner (id., Vol., 24) ; — quelques retouches que ron donne à celte œuvre... elle sera toujours défectueuse (flaub., Corr.. 2® série, 69).

L'orthographe de quelque. — Elle a donné lieu à bien des discussions, avant que les règles actuelles fussent fixées. Bouhoùrs reproche encore aux Jansénistes de s'obstiner à écrire : quelques riches qu'ils soient. La règle de Vaugelas (ii, 56) prévalut à la fin du XVII® s. : Quelque en fonction d'adverbe d'intensité, devait rester invariable. On doit écrire : quelle que puisse être sa situation, quels que soient les avantages que cette combinaison présente, mais au contraire : quelque grands que soient les avantages.

Tel que. — Bien avant le XYII® s., on disait tel que en même temps que quel que. Vaugelas a condamné cette façon de parler (ii, 136). Il a sans doute cru à une confusion avec quelque. Tel que est dans Racine et bien ailleurs: Ne négliger ses fautes et ne les croire petites, telles qu^elles soient (rac, VI, 308) ; — tel qu'il soit, une femme a toujours le talent De rendre son époux aussi souple qu'un gant (baron, Le Jal., iv, 1). Théophile Gautier affectionnait cette façon de parler : Tel soin que je prenne de faire de petites phrases et de les couper par de fréquents alinéas (Jeun. Fr., 179). Elle n'a rien de blâmable.

Adiectifs précédés d'un adverbe de quantité dans la variable. —

Tant. — Pour varier la quantité, on se servait autrefois de tant. U est encore dans Malherbe : Et même ses courroux, tant soient-ils légitimes. Sont des marques de son amour (malh., i, 246). Ce tour est conservé dans Texpression : tant soit peu.

Si, quelque. — On dit : si, quelque patient que vous soyez : — Cependant, il faut respecter la masse, si inepte qu*e//e soit (flaub., Corr., A^ sér., 79) :

— Si doux que fût ce tête à tête, une diversion lui permettait de penser tout à elle (p. MARO., Sur le Retour, 151).

Confusions entre formes de variables et formes d'opposition fixe.

— Ce qui s'est passé avec quoique s'est passé en d'autres cas. Le sens de la variation s'est perdu. Il n'y a plus d'hypothèse.

Voici un exemple où la chose apparaît avec évidence : On le mit dans sa tente, où tout percé de coups. Tout mort qu'il paraissoil, il fit mille jaloux

HYPOTHESES

(CORN., PùL. 291), — Cf. M, de La Marck, tout étranger qfl nommé membre des Élats-Généraux (sto beuve. Lundis, tvA

Pour, — Aver ce mot la tran&tUon est très sensibli'. La grands que soient îes rois, ils sonl ce que nous sommes (cor» signifie à la fois : quoique les rois soient grands et : quelque grai les rois.

Pour si. ~ Pour réintroduire nettement la notion de pour on ajoute tin si (= tant) : Aussi ne pensai je pas qu pour si ytlle et si excellente g u* et te fui, ne pûl famais plaire {Ma Pour si que est aiijoiirdliui à peu prés hors d'usage. Mais encore pour si peu que : un homme moins jeune et,,. inflM séduisant que moi, pour si peu que je le sois moi-même (m* à Franc, mariée, 157).

Les modernes ont rei>ris îa locution pour,.* que : Nul ne »e brave qu'il soit, d'al^rtmler te îîan en son anlre même (oautier. — Pour respectueuses que fussent les paroles, elles juraiem avec Vimpertint'uee du ton dèlmin- ii\ adam. Myst. des foules,

(Jl On roi ranc liait souvcnl jiprés loal le que et Ir verbe: Xoa pértA, UiUB Imtucoup meitfetir inoL,, M(j.» 300)î — Oui. toQt« mon »ml»» etk eut et /e la (Tastervir ie ^m^ttr truti QHïant homme {va., Jb., 113),

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