CHAPITRE II LES INDÉTERMINÉS
Indéterminés par nature. — Les cas où on ne détermine pas les choses dont on parle sont nombreux, soit qu'on ne puisse pas, soit qu'on ne veuille pas les déterminer : une jeune fllle attend un mari, elle ne sait ni les prétendants qui se présenteront, ni celui qu'elle agréera. La première phrase venue olTre des exemples : C'était, il m'en $ouvient,^SLt une nuit d'automne (muss.. La Nuit d'oct.) ; — Un homme, était- il grec, juif, chinois, turc, persan ! Un membre du parti de l'ordre, véridique Et grave, me disait (v. h.. Chat., Par. d'un conserv.) : — Dans une fête, un Jour, Je ne sais plus laquelle (Id., Ib.).
Il y a des nominaux indéterminés par nature ; l'un d'entre eux est on, dont nous reparlerons au Sujet du verbe, liv. vu, ch. xv. Rappelons aussi :
Quelqu'un, prononcé anciennement quequ'un (thurot, ii, 263) : quelqu'un est venu. Il est venu quelqu'un; Vous demandez quelqu'un ?
Quelque chose, dont nous avons déjà parlé. Ces mots peuvent être accompagnés d'un déterminant : quelqu'un de ees prêtres... achètera.,, cette royale maison (la br.. Car., Biens de Fort.).
Qui que ce soit, quoi que ce soit, qui sont devenus de vrais mots composés : je n'en parlerai à qui que ce soit ( = je n'en parlerai à personne) ; — je suis aveugle à tout, sourd à quoi que ce soit (mol., EL, 1041).
Un tel : On sait^à point nommé : un tel a composé la plus jolie pièce du monde sur un tel sujet ; — une telle a fait des paroles sur un tel air... Monsieur un tel écrivit hier un sixain à Mademoiselle une telle... un tel auteur a fait un tel dessein (mol., Préc, 9). Nous ne l'employons jamais plus adjectivement. U était encore dans La Bruyère : il y a un tel livre qui court, et qui est imprimé chez Cramoisy en tel caractère (la bri'y., Car., Ouvr. de l'Espr.).
Tel : tel partit tout baigné des pleurs de sa Lucrèce (boil.. Sa/., x).
Quiconque, qui est à proprement parler un conjonctif indéfini, mais tend à devenir un simple synonyme de qui que ce soit : Il ne faut pas en parler à quiconque; — Il a à. cela autant d'intérêt que quiconque ; — aussi bon enfant pourtant que quiconque (a. assol., Champdeb., 236) ; — ces messieurs qui se font une loi d'honneur de chercher à arracher la vie à quiconque, même à un ami, qui par hasard les froisserait (p. borel. Put., i, 131). Qui est à rapprocher de quiconque : Il est assez ordinaire de mépriser qui nous méprise (la br., Car., De l'hom. ) ; — il disait : Qui me suit, aux ange^ est pareil (v. h .,