‹ La pensée françaiseChapitre 1 sur 155 · Dictionnaire de la langue française · texte numérisé non relu

Dictionnaire de la langue française

maxime, dit-il, est un jugement dont la vérité est fondée sur le raisonnement ou C expérience l. »

Ceci comprend tout : d'une part, les jugements abstraits à la manière antique, par exemple ceux-ci :

« 11 importe de vivre bien ; il n'importe pas de vivre longtemps » ;

ou

« Une amitié qui finit n'a même pas commencé *. »

d'autre part, les observations qui sont le résultat d'une certaine pratique personnelle de la vie, toutes celles que pourrait précéder cette épigraphe : « C'est moy que je peinds... je suis moy-même la matière de mon livre 3. »

Le terme « la vérité », seul, dans la définition de Condillac nous paraît sinon impropre, du moins, tendancieux, encore que ce qu'écrit chacun, lors même qu'il ment, soit réellement sa vérité.

L'art des maximes est vieux comme l'homme. De tout temps, en effet, l'homme aima ces formules, concises, arbitraires peu ou prou, dans lesquelles il porte un jugement sur lui-même, sur ses semblables ou sur le monde. Les anciens y excellèrent. Au premier essai ils découvrirent le tour qui convient à la maxime, témoin Bias s'écriant : « 11 est infortuné celui qui ne supporte pas l'infortune. »

Mais les Français, parmi les autres peuples, se sont signalés dès le xvie siècle, par un goût très prononcé pour cette manière spéciale de s'exprimer qui, par

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