Montaigne, Essais, Préface
ailleurs, trouvait sa formule naturelle dans les proverbes, manifestation générale de la pensée humain»; qui est de toutes les époques, de tous les climats, detoutes les races.
« Faire la leçon aux autres, constate excellemment M. Léon Levrault l, édicter des préceptes, tracer à ses contemporains une ligne de conduite — que bien souvent, on ne suit pas soi-même, — c'est chose que connurent tous les peuples, mais ce fut plus encore le péché mignon des Français. »
Plutôt que l'historique ou l'évolution du genre littéraire des « maximes » et des « portraits » nous nous sommes proposé d'étudier sa valeur au double point de vue moral et psychologique, et d'établir à quel besoin particulier de l'esprit de l'homme il répond. A vrai dire, en poursuivant cette étude, nous avons été obsédés par le souvenir d'une des plus délicieuses fantaisies de Jules Lemaître qui, rendant compte 2 il y a quelques années d'un recueil de pensées de la comtesse Diane intitulé Maximes de la vie s, parut avoir donné le coup de mort à ce genre littéraire pourtant « bien français ».
Mais un genre littéraire, fût-il, « le plus facile de tous » comme l'a écrit Kératry 4 auteur de fort mauvaises maximes, un genre littéraire est plus difficile à tuer qu'un homme et celui qui nous occupe ici se porte encore fort bien alors que la gloire de M. Georges Ohnet est depuis longtemps défunte.