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LACORDAIRE

Fils d'un médecin de la Côte-cTOr, J.-B. Henri Lacordaire1 naquit à Recey-sur-Ource, en 180-2. Ce n'est qu'après avoir fait son droit et débuté au barreau de Paris qu'il entra au séminaire de Saint-Sulpice, à l'âge de vingt-deux ans. Ordonné prêtre trois ans plus tard, il se lia avec Lamennais, dont il ne tarda pas à se séparer, à la suite des démêlés que ce dernier eut avec le Saint-Siège. En 1835, il inaugura ces célèbres conférences, qui eurent un tel succès que Lacordaire conçut l'idée de restaurer l'ordre des frères prêcheurs. En 1848, il se fît élire à l'Assemblée Nationale, mais il s'en retira très vite. En 1850, il fut nommé Provincial des couvents des Dominicains. A la suite d'un sermon politique prononcé à Saint-Roch, il dut renoncer à la chaire. C'est alors qu'il prit la direction du collège libre de Sorèze. A la mort de Tocqueville (1860), il fut nommé académicien, et mourut en 1861 .

Outre les Conférences, il a laissé une Vie de saint Dominique (1840) et des Oraisons funèbres. Ses Œuvres complètes ont paru en 1858, Paris, 6 vol. in-8.

— Une âme est à elle seule un grand peuple.

— L'âme seule a du pain pour tous et de la joie pour ane éternité.

1. Pensées diverses du R. P. Lacordaire, de Tordre des Frères préheurs, publiées sous la direction du R. P. Chocarne. Paris, Poussielue frères, 1883, 4e édit., 2 vol. in-32.

272 LA il NSBE FRANÇAISE

— Le découragement est en toute chose ce qu'il y a de jure. C'est la mort de la virilité.

— Plus j'étudie les gens heureux plus je suis effrayé de leur incapacité divine.

— Rien de plus misérable au fond que ces hommes à qui rien ne paraît manquer.

— Il faut savoir descendre devant les hommes pour s'élever devant Dieu.

— Les jours commencent et finissent selon qu'un souvenir aimé se lève ou se tait dans une âme.

— On n'aime jamais sans chagrin.

— Plus les âmes s'aiment, plus leur langage est court.

— Si Ton peut haïr l'amour on ne peut le détrôner.

— L'homme est si impuissant pour l'homme ! C'est sa plus douloureuse misère.

— La mort qui s'approche nous révèle doucement et sans bruit plus de secrets que la spéculation n'en livre même au génie.

— Le grand malheur de nos écrivains est de faire des livres en poste. Les anciens écrivaient doucement. Ils savaient que la vie d'un homme est une brève révélation qu'on a toujours le temps de conter lorsqu'elle vaut la peine d'être dite.

— Il n'y pas d'éloquence solitaire et tout orateur a, deux génies, le sien et celui du siècle qui l'écoute.

— Les femmes ont cela d'admirable qu'elles peuvent parler tant qu'elles veulent, comme elles veulent, avec l'expression qu'elles veulent ; leur cœur est une source qui coule naturellement.

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EMILE DE G1UARDIN l

Emile de Girardin, fils naturel du comte Stanislas-Xavier de Girardin, naquit en Suisse, en 1802. Prenant d'autorité le nom de son père, qui avait refusé de le reconnaître, il publia, en 1827, une autobiographie dans laquelle il racontait son enfance. Ce fut là sa première œuvre. Il se lança ensuite dans le journalisme et fonda le Voleur (1828), la Mode (1829), le Journal des connaissances utiles (1831), le Musée des familles (1833), ÏAlmanach de France (1834), la Presse (1835), la Liberté (1866), la France (1874). Il soutient la politique conservatrice sous le gouvernement de Juillet, vote avec la gauche, en 1848 et combat énergiquement en faveur de la candidature de Louis-Napoléon à la présidence de la République, ce qui ne l'empêche pas d'être exilé après coup d'Etat du 2 décembre. En 1870, il se rallie à l'Emire, et après la guerre il est un des plus ardents défenseurs u gouvernement républicain. En 1831, il avait épousé Delhine Gay, puis, en 1856, une comtesse allemande dont il e sépara en 1872. Il mourut en 1881.

Emile de Girardin a laissé un grand nombre d'articles, e brochures et d'ouvrages parmi lesquels nous citerons : a liberté de la Presse (1842) ; Questions administratives et nancières (1848) ; La politique universelle (1853) ; Quesions de mon temps (1836-1856) ; et enfin, le Supplice d'une mme, pièce écrite en collaboration avec Dumas fils.

i. Pensées et maximes extraites de son œuvre par Hétrel. Paris, ichel-Lévy, 1867, in-8°.

*27 i la il nm-i; kkançaih

— Chercher l'absolu est le moyen de trouver la vérité.

— Tout abus de la victoire profite à la défaite.

— L'autorité n'a rien à gagner à comprimer la liberté : la liberté n'a rien à gagner à affaiblir l'autorité.

— De ce qu'une chose est banale, il ne s'ensuit pas qu'elle soit vraie.

— Ce qui fait l'indépendance, ce n'est pas la situation, c'est le caractère.

— Les faibles s'exagèrent toujours la force des coups qu'ils portent, parce qu'ils la mesurent à l'effort que ces coups leur ont coûté.

— S'exasrérer sa force, c'est trahir sa faiblesse.

— Il n'y a rien de plus hostile aux idées que les passions.

— La liberté est comme le mouvement : elle ne se définit pas, elle se démontre.

— La misère publique est la cave où toutes les passions fermentent.

— De tous les présages sinistres, le plus grave, le plus infaillible, c'est l'optimisme.

T. A PBNSBE FRANÇAISE '27.*)

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