LA PENSÉE 1 M IN
<■ toutes les aurores auxquelles noua avons goûté, c'est La « conversation d'un homme qui sait causer* »
Que M"'' Louise Read, qui nous a autorisés à publier les quelques pensées qui suivent, trouve ici l'expression de notre respectueuse gratitude.
— Sans la Manon Lescaut que chacun traîne après soi, le vicaire savoyard serait catholique.
— Les femmes s'attachent comme des draperies, avec des clous et un marteau.
— Partout où les femmes sont sur le trône la corruption est dans les mœurs.
— De femme à femme, pas une femme honnête ! Toutes des scélérates, en plus ou en moins.
— Avoir l'air d'un homme qui se sacrifie quand on ne fait que sa volonté est l'art suprême en matière de femmes comme en matière de peuple. Entortillé dans les draperies du sacrifice, Famour a sa véritable robe d'enchanteur et peut-être le meilleur de son despotisme estil dans son hypocrisie. Toutes les femmes savent bien cela ! mais si elles le savent et nous y prennent, il faut bien le leur rendre et les y prendre à notre tour.
— Je suis de ceux qui croient que tous les amours sont tués par l'absence ou peuvent Têtre ; ce n'est qu'une question de temps... Sans la présence réelle de Dieu dans l'Eucharistie, nous ne l'aimerions pas deux jours et sainte Thérèse elle-même serait impossible.
— Je ne crois pas à l'amitié des femmes. La loi qui rée-it l'humanité est salique ; nous n'avons point de pairesses. L'amitié d'une femme c'est de l'amour vierge ou de l'amour veuf. C'est avant ou après.
— Toute femme dont on veut être aimé et qui ne vous aime pas encore n'est qu'une ennemie.
— On aime beaucoup plus pour les défauts de la personne aimée que pour ses qualités parce qu'ils individualisent davantage. La beauté tend à l'unité tandis que la laideur est multiple.
— En fait de femmes, c'est dans les huîtres que l'on trouve les perles.
— La plus triste, hélas ! de toutes les vieillesses, c'est la vieillesse de l'amour.
— On paie de tout, on s'acquitte de tout avec de l'amour, on répare même le malheur qu'on a causé.
— Les âmes hors du commun s'entendent même quand elles s'éloignent.
— Quand une jeune femme accuse son mari dans des confidences à sa mère, ou elle est une âme sans noblesse ou elle ne l'aime plus.
— Les femmes devraient toujours être habillées plus ou moins. Quand elles déposent les habits du combat, elles cessent d'être ces fair wariors dont parle Shakespeare.
— En donnant le nom à un enfant, il faut penser à la femme qui, un jour, aura à le prononcer.
— Les vieilles femmes avaient autrefois pour dernière ressource la dévotion ; maintenant, elles ont la littérature. Je ne sais pas, n'étant point femme, ce qu'elles y ont gagné... Mais nous... Nous trouvions encore dans une dévote qui l'était depuis peu une résistance qui affriandait. Il y avait là du ragoût. Mais les femmes littéraires n'ont aucune raison pour nous affriander d'une résistance
i \ P] nsi'i in LMÇAIS1 287
«t, dans le tète-à-tete, elles nous lisent leurs livres ou elles les font.
— La plupart des moralistes me font l'effet de gens maltraités par les femmes ou qui, du moins, ne leur plaisent plus.
— Avec les femmes c'est comme avec les nations : il faut être heureux et impitoyable.
— C'est quelquefois une manière bien délicate de faire la cour aux femmes que d'avoir des torts avec elles. Cela leur crée la supériorité de pardonner.
— On voit dans le cœur des femmes par les trous qu'on fait à leur amour-propre.
— Après la blessure, ce que les femmes font le mieux, c'est la charpie.
— C'est si rare maintenant quand une femme a du tempérament que, quand une femme en a, on dit que c'est de l'hvstérie.
— Ne demandez aux femmes que ce qu'elles peuvent donner. Elles ne sont sublimes que quand elles se trompent.
— Si elles savaient combien parfois on les évite parce qu'on les aime !
— ... la tristesse des buts manques... et des buts atteints.
*2ttrt LA PENSÉE FRANÇAISE