‹ La pensée françaiseChapitre 114 sur 155 · TAINE · texte numérisé non relu

TAINE

Ilippolyte-Adolphe Taine naquit à Youziers (Ardennes), le 21 avril 1828. Après de brillantes études au collège Bourbon, il fut admis à l'Ecole Normale supérieure, en tête de sa promotion (1848). Docteur ès-lettres en 18.33, il renonça très vite à la carrière universitaire, et, dans son Essai sur Tite-Live (1854), comme dans son étude sur les Philosophes français du XIXe siècle (1856), il se montra l'adversaire des doctrines de l'Université. En 1863, Taine fut nommé examinateur à l'Ecole militaire de -Saint-Cyr ; en 1864, professeur d'histoire de l'art à l'Ecole des Beaux-Arts. Membre de l'Académie française, le 14 novembre 1878, en remplacement de M. de Loménie, il mourut à Paris, le 5 mars 1893.

Œuvres : Voyage aux Pyrénées (1855) ; Essais de critique et d'histoire (1857) ; La Fontaine et ses Fables (1860) ; Histoire de la littérature anglaise (1864, 4 vol.) ; Idéalisme anglais (1864) ; les Ecrivains anglais contemporains (1865) ; Nouveaux essais de critique et d'histoire (1865) ; Philosophie de l'art (1865); Philosophie de V art en Italie (1866, in-18) ; Voyage en Italie (1866, 2 vol.); Y Idéal dans Vart (1867); De l'intelligence (1870, 2 vol.) ; Notes sur l'Angleterre (1872), et enfin son œuvre capitale : Origines de la France contemporaine (1876-1890).

— L'honnête homme à Paris ment dix fois par jour, Phonnête femme vingt fois par jour, l'homme du monde

1. Notes sur Paris. Vie et opinions de M. Fréd. Thomas Gruindorgc. Paris, Hachette, 1869, pet. in-8 et in-18.

316 i.\ PENSÉE FRANÇAIS!

cent fois par jour. On n'a jamais pu compter combien de fois par jour ment une femme du monde.

— Il y a dans tout ménage une plaie, comme un ver dans une pomme.

— On s'étudie trois semaines, on s'aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère trente ans, et les enfants recommencent.

— Une femme se marie pour entrer dans le monde, un homme pour en sortir.

— Vous avez les ongles roses ; ce n'est pas une raison pour vous gratter publiquement le bout du nez.

— Quatre sortes de personnes dans le monde : les amoureux, les ambitieux, les observateurs et les imbéciles.

Les plus heureux sont les imbéciles.

— Une idée dans un homme ressemble à ce pieu de fer que les sculpteurs mettent dans leurs statues : elle l'empale et le soutient.

— La folie n'est pas un empire distinct et séparé ; notre vie ordinaire y confine et nous y entrons tous par quelque portion de nous-même. Il ne s'agit pas de la fuir, mais seulement de n'y tomber qu'à demi.

— Aucune créature humaine n'est comprise par aucune créature humaine. Tout au plus par habitude, patience intérêt, amitié, elles s'acceptent ou se tolèrent.

— Pour avoir une idée de l'honneur et de la vie, i faut être allé soi-même jusqu'au bord du suicide, ou jus qu'au seuil de la folie, au moins une fois.

— Proverbe de paysans : un père peut nourrir douz enfants, et douze enfants ne peuvent pas nourrir un père

— L'enfant mène la femme, qui mène l'homme, qu mène les affaires.

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