‹ La pensée françaiseChapitre 122 sur 155 · CARMEN SYLVA · texte numérisé non relu

CARMEN SYLVA

On sait que le pseudonyme de Carmen Sylva masquait, à peine, la personnalité de la Reine Elisabeth de Roumanie. Fille du prince Guillaume Hermann Charles de Wied et de la princesse Marie de Nassau, elle naquit le 29 octobre 1843, au château de Monrepos, sur les bords du Rhin. Elle épousa en 1869 le prince Charles de Hohenzollern, qui venait d'être appelé au trône de Roumanie.

Les ouvrages de la Reine de Roumanie comprennent des poésies, des romans, des contes, des nouvelles et des pensées ! : Sapho et Hammerslein (Leipzig-, 1880) ; Tempêtes (Bonn, 1880) ; La Douleur dans le monde (Berlin, 1882) ; Jehoivah (Leipzig, 1882), traduit en français par Mlle Hélène Vacaresco ; les Contes du Pelech (Leipzig, 1883), traduits en français par L. et F. Salles ; Croquis (Berlin, 1884) ; Mon Rhin, poésies (Leipzig, 1884); Mon Repos (1884); Le Pic aux regrets, contes roumains (1884), etc.. Félix Salies a composé un recueil de nouvelles de Carmen Sylva, qu'il a traduites de l'allemand (1886). Carmen Sylva est morte pendant la guerre le 2 mars 1916. Au cours de l'année 1915, elle s'était prononcée pour l'Allemagne, déclarant « qu'un pays qui avait produit Kant et Bach ne pouvait pas déchoir et que Dieu ne pouvait pas abandonner un peuple qui s'était fait dans le monde le rempart de la religion et de la vertu ».

Il ne semble pas que cette déclaration ait eu une grande influence sur l'issue finale des hostilités.

1. Pensées d'une Reine, préface de Louis Ulbach. Paris, Ca'mann- Lévy, 1882, in-8.

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— Méfiez-vous d'un homme qui a Tair de douter de votre bonheur en ménage.

— La femme du monde reste difficilement la femme de son mari.

— Une femme incomprise est une femme qui ne comprend pas les autres.

— Le pardon est presque de l'indifférence : on ne pardonne pas quand on aime.

— Le malheur peut rendre fier ; la souffrance rend humble.

— Quand on est depuis longtemps sevré de la joie, on ne la demande plus, et lorsqu'elle frappe à votre porte, vous ouvrez en tremblant, de peur qu'elle ne soit la douleur travestie.

— La lutte contre le monde extérieur double les ressorts de l'organisme, la lutte contre nous-même les brise.

— Il y a une bonté qui repousse et une méchanceté qui attire.

— La bêtise se met au premier rang pour être vue : l'intelligence se met en arrière pour voir.

— La contradiction anime la conversation ; voilà pourquoi les cours sont si ennuyeuses.

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CHARLES CHIXCHOLLE (1843-1902)

Chincholle (Charles-Henri-HIppolyte) naquit à Chauny Aisne) en 1843. Il fut d'abord secrétaire d'Alexandre Du- "nas père qui lui facilital'accès de divers journaux. En 1872. I entrait au Figaro auquel il collabora jusqu'à sa mort 1902). Hhincholle a publié un grand nombre d'ouvrages spirituelsït faciles parmi lesquels nous citerons, outre ses maximes1: Les Jours d'absinthe (1885) ; Les Survivants de la Commune 1 885) ; Le vieux Général (1 886) ; Femmes et rois (1 886); La Grande Prêtresse(1 8 8 7) ; Les Mémoires de Paris (/ 8 89); Le Général Boulanger (18 89) ;Le Joueur d' orgue (1 890); etc.

— Pour un commerçant, la patrie, c'est sa poche.

— Femme sans amour éo-ale homme sans travail.

— Il y a des livres qu'il faut lire et c'est pour cela [[u'on ne les lit pas.

— Certaines femmes n'ont que le mérite d'exciter ; d'autres n'ont que celui de satisfaire.

— Toute femme est à qui sait en rêver.

— Quand on n'aime plus, on demande comment on a pu aimer.

1. Pensées de tout le monde, Paris, 18S0, in-8 ; Les phrases courtes, Paris, 1891, in-8.

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— Nous reconnaissons plus volontiers des talents à nos ennemis qu'à nos amis.

— Plus une femme a eu d'amants, plus elle a besoin d'amour !

— Comme elles sont ridicules les habitudes d'autrui!

— La meilleure manière de s'attacher les gens est encore de leur demander des services.

— Si les vieillards n'avaient pas l'expérience, qu'estce qu'ils auraient donc?

— Comptez plus sur celui qui vous sert par haine d'un autre que sur ceux qui vous servent par amitié pour vous.

— Que tous les hommes soient frères, c'est le rêve des gens qui n'ont pas de frères.

— Nous appartenons aux femmes jusqu'à ce qu'elles nous aient appartenu.

— La femme la plus décidée à résister ne serait point fâchée d'avoir à résister.

— Nous nous méfions de nos amis à cause de leurs défauts et de nos ennemis à cause de leurs mérites.

— Le plus grand mérite de la société est de nous faire apprécier la solitude.

— On n'a vraiment du talent que quand on sait qu'on en a.

— Le misanthrope ne hait pas les autres tant que soimême.

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