‹ La pensée françaiseChapitre 129 sur 155 · LA · texte numérisé non relu

LA

— 11 nV. auant que 1Y Qte >i peu : nous changeons tous les jours, et ce que nous appelons notre expérience est Fexpérience d'un autre jue nous ne sommes plus.

— Pourquoi donc s'effraye-t-on plus de mourir que le vivre ?

— Certains dévots ont les organes religieux tellement sensibles qu'on ne peut y toucher sans les faire crier : ls sont sincères et manquent de foi.

— C'est la vérité qui s'y mêle, qui donne à l'ironie >on amertume.

— On ne paie jamais trop cher le droit de mépriser quelqu'un.

EMILE PONTIGH

Emile Pontich, né à C3tte (Hérault), le 22 janvier 1851, commença à publier des maximes dans les journaux littéraires du Midi, notamment dans le journal V Hérault de .Béziers. Son dernier recueil ds Maximes s'intitule : Les Cahiers d'un individualiste l.

— J'admire les vers d'un grand poète, mais j'adore les miens.

— On parle des premiers chrétiens comme s'il n'y en avait jamais eu d'autres.

— Il y a assez de femmes prétentieuses pour qu'on n'en puisse trouver d'autres.

— Une femme laide veut d'autant plus se faire aimer qu'elle sait que l'amour est aveugle.

— Peut-être le soleil ne luit-il que pour quelques-uns : les autres en profitent.

elle.

C'est au lit que la femme paraît le mieux chez

1. Emile Pontich. Les cahiers d'un individualiste, Paris. Librairie scientifique et médicale Jules Rousset, 1911.

— Lorsque les femmes ne parlent pas, c'est alors qu'elles mentent le plus.

« — Gomment les pauvres d'esprit peuvent-ils mériter le ciel en ayant eu la chance d'être en majorité sur la terre ?

— C'est pour voir de plus belles choses que souvent on ferme les yeux.

— Que de gens cessent d'être qui n'ont jamais été !

— Les femmes croient que d'avoir de la franchise les ferait paraître comme nues.

— L'homme puissant ne sent bien son injustice que lorsque le faible est parvenu à se venger de lui.

— Il est des âmes si belles que, par crainte de les terair, on cache quelquefois la sienne.

— Ceux-là qui disent que la vie n'est qu'une comédie sont probablement assurés de pouvoir manger tous les jours.

— Même lorsqu'elle est le plus émancipée, la femme i toujours les gestes serviles.

— L'homme le plus tourmenté par l'amour de l'inïonnu se garde bien d'aller frapper aux portes de la ■nort.

— Combien certains hommes sont patients, il n'y a jue les femmes qui puissent le dire.

— Les femmes croient qu'il n'y a rien de plus intéessant qu'elles-mêmes.

— J'ai toujours eu de la haine pour les femmes mais e n'ai jamais pu en détester.

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HENRY DETOUCHE

Henry Detouche, né à Paris en 1854, peintre et graveur de grand talent, outre les Ebats du Sagittaire1 , a publié :

Propos d'un peintre ; De Montmartre à Montserrat ; Sous la dictée de la vie (Préface de Maurice Barrés) ; Félicien Bops et A, Villette ; Les grains du sablier.

— Ne demander aux hommes que ce qu'ils peuvent donner et aux femmes que ce qu'elles veulent bien laisser prendre.

— Dans le monde on peut dire n'importe quoi, mais d'une certaine façon.

— Gomment l'homme sachant tout ce que l'humanité a déjà cru, peut-il croire encore ?

1. Henry Detouche. — 3e manuscrit : Les Ebats du Sagittaire. Frontispice de J.-G. Forain, Plaquette de luxe tirée à 175 exemplaires.

Sans date. Avec ces épigraphes :

11 faut écrire le plus possible comme on parle.

Sainte-Beuve.

L'amour a toujours été pour moi la grande affaire ou plutôt la seule.

Stendhal.

« Prendre bien soin de n'admirer que ce qui te fait plaisir. »

Stendhal.

— La vie est un mal, mais L'amour et l'amitié sont de puissants anesthésiques.

— On a vite fait le tour de la mentalité féminine, mais on ne va jamais au fond.

— Le monde : femmes sans cœur, hommes sans cervelle. Ils se méritent.

— Dans la vie il faut savoir se faire un petit bonheur des infortunes qu'on n'a pas, c'est-à-dire de celles des autres.

— Je ne me marie pas parce que j'aime trop les femmes et que... je ne les estime pas assez.

— La jeunesse est une maîtresse qui nous demeure fidèle à condition que nous l'entretenions bien.

— C'est un fâcheux indice pour un peuple quand les lonnêtes gens montrent moins d'énergie pour réprimer e mal que les criminels à le protéger.

— Les hommes sont utiles dans un salon pour ponctuer la féminité.

— J'aurai toute ma vie incorrigiblement chéri la emme et je me console à la pensée de l'inéluctable et inale entrevue avec la mort en pensant à son sexe.

L \ PEN9EE Mi INCAISE

MAFFRE DE BEAUGÉ

M. François Marie Achille MafTre de Beaugé est né à Marseillan (Hérault), le 16 mars 1853. En 1874, il fait son droit à Paris et publie chez Jouaust une première plaquette de vers, Dièzes et bémols. Depuis, et malgré de multiples occupations politiques et économiques (M. de Beaugé l'ut notamment pendant plusieurs mois délégué à Paris de la Confédération générale des Vignerons), il a publié outre ses j pensées i ; Barbey d'Aurevilly (Toulouse, 1890) ; Bismarck et Richelieu (Paris, 1890) ; Angleterre et Portugal (Paris, 1891) ; Chères amours, roman (Paris, (1892) ; Les Gants blancs, poésie (Paris, 1896) ; Molière et le Régionalisme (Pa- , ris, 1897) ; Terre cToc, poésie (Paris, 1908).

— La coquetterie vit de férocités : mais ceux qui ont s'en plaindre vont, le plus souvent possible, s'offrir pour alimenter ces repas de ménagerie.

— La bonté, pas de plus belle parure pour les femmes : mais combien peu d'entre elles savent se choisi) une toilette !

— Notre époque tend à supprimer les meilleures sorties de la vie, peut-être, le cloître et la bataille.

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