JULES TANNERY
Né à M mtea en 1848, mort à Paris en 1910, Jules Tannery it ses études au lycée de Caen. qu'il quitta pour entrer à 'Ecole Normale en tête de sa promotion (1886). Reçu le >remier à l'agrégation, il est envoyé à Rennes où il occupe uccessivement la chaire de mathématiques élémentaires et :elle de mathématiques spéciales. Docteur es sciences en 874, délégué dans une chaire de mathématiques spéciales lu Lycée Saint-Louis en 1875, il est. la même année, nommé trofesseur suppléant à la Sorbonne. Maître de conférences à 'Ecole Normale en 1881, on lui confie, en 1884. la souslirection des études scientifiques. Lors de la réorganisation le l'Ecole, en 1903. il en est nommé sous-directeur et proesseur de calcul différentiel et intégral à la Faculté des Sciences. Officier de la Légion d'honneur. Membre de l'Acaiémie des Sciences en 1907.
Dans l'étude biographique qu'il a consacrée à Jules Taniery, Emile Boutroux a dit : « L'élévation de pensée, le sens ritique singulièrement développé, le besoin de clarté, d'apirofondissement. d'harmonieuse ordonnance qui caractérisent outes ses œuvres, montrent assez qu'en même temps qu'un avant, Tannery était un philosophe. Il a introduit dans la cience, de la manière la plus discrète et la plus heureuse, 'esprit philosophique : il a, en outre, chemin faisant, abordé.
la lumière de la science, certaines questions proprement •hilosophiques. »
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— il v a <juel(jue courage à blâmer le- res où s'étale une fausse sensibilité : on risque de passer pour n'en point avoir de vraie.
— Beaucoup de chefs-d'œuvre n'ont été admirés qu'après la mort de leurs auteurs ; cela autorise les sots à faire admirer de leur vivant les choses médiocres qu'ils produisent.
— La brièveté de la vie met quelque égalité entre les hommes : elle ne permet pas aux intelligents de prendre sur les autres une avance bien grande.
— Il faut de l'étonnement de reste pour s'étonner d'autre chose que de sa propre existence.
— Il est extraordinaire qu'on puisse rencontrer un savant qui ne soit pas sceptique : un homme qui sait si peu de chose et qui sait la façon dont il sait ce peu de chose 1
— Qu'un individu qui ne change pas doit s'ennuyer de lui-m^me !
— Une petite flaque d'eau même boueuse reflète toujours le ciel. Notre pensée en fait autant. Voilà de quoi nous donner de l'orgueil.
— Si simples que soient les systèmes, ils ne seron jamais aussi simples que la réalité est compliquée.
— Il faut que les hommes soient bien entêtés à croire pour que le peu qu'ils savent ne les dégoûte pas de tout, ce qu'ils croient.
— La vérité peut revêtir une seule forme ; l'erreur une infinité : donc, étant donnée une opinion quelconque sur quoi que ce soit, il est infiniment probable qu'elle n'es pas vraie.