AMELOT DE LA HOUSSAYE
Amelot de la Houssaye (Abraham-Nicolas) naquit à Orléans en 1634, et mourut à Paris, en 1706. Publiciste, traducteur, il composa comme principal ouvrage une Histoire du gouvernement de Venise (1676) remplie de traits satiriques. Il traduisit le Prince de Machiavel (1683) et les six premier.s livres des Annales de Tacite (Paris, 1690). 11 donna aussi une édition des Lettres du cardinal d'Ossat (1698) et une traduction de V Homme de Cour de Balthazar Gracian, jésuite espagnol. Après sa mort, on publia de lui des Réflexions, sentences et maximes morales • qui ne sont autres que celles de La Rochefoucauld avec celles de Mme de Sablé et de Mme de la Sablière suivies de réflexions personnelles d'Amelot de la Houssaye.
Une autre oeuvre fut publiée, après sa mort, â Amsterdam, en 1722, sous ce titre: Mémoires historiques, politiques, critiques et littéraires.
— On passe pour étranger en tout ce que Ton affecte.
— Pour être respecté, il ne faut pas être trop aimé' : l'amour introduit la franchise et fait sortir le respect.
1. Réflexions, sentences et maximes morales, mises en nouvel ordre, avec des notes politiques et historiques, par M. Amelot de la Houssaye. Amsterdam, 1714. Nouvelle édition, corrigée et augmentée de Maximes chrétiennes. Paris, Ganeau, rue Saint-Séverin ; Bauche, quai des Augustins ; d'Houry fils, rue de la Vieille-Boucherie, 1754.
PI UfÇAISl x I
— On aime d'ordinaire les belles femmes par inclination, les laides par intérêt, et les vertueuses par raison.
— Donner à ceux qui sont en faveur et en autorité, :e n'est pas libéralité, c'est trafic.
— Le meilleur conseil est l'expérience ; mais, ce conseil arrive toujours trop tard.
— L'humeur plaît plus, dans la conversation, que l'esprit, et la douceur que la science.
— La fortune est toujours civile et caressante envers les nouveaux venus.
— Il arrive souvent qu'après avoir pris une résolution, l'on craint d'avoir choisi le pire, parce qu'alors les raisons contraires se présentent en foule à notre imagination dans le contre-poids de celles qui nous ont fait résoudre.
— Les laides femmes qui se fardent et qui ont la vanité de se parer sont comme les champignons dont on ne peut manger s'ils ne sont bien apprêtés et qui, avec tout leur apprêt, sont toujours un méchant manger.
— Les malheureux et les opprimés sont toujours médisants parce qu'ils n'ont point d'autre moyen de se venger.
— L'espérance entretient la reconnaissance.
— A mesure que nous cessons de faire des choses louables, nous perdons le goût que nous avons pour les louanges.
— La civilité sans distinction ressemble aux courtisanes qui caressent également tous ceux qui vont chez elles.
— Tous leg hommes sont idolâtres : les uns, de l'honneur, les autres de l'intérêt et la plupart de leurs plai-
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sirs. Ainsi, pour les bien connaître, il faut savoir quelle est l'idole qu'ils adorent.
— Il arrive souvent que l'ignorance inspire de la hardiesse et que le savoir est cause de timidité.
— On se déshonore à force de vouloir être honoré.
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