JEAN-BAPTISTE SAY
Né à Lyon, le 5 janvier 1767, J.-B. Say commence ses études dans sa ville natale et les achève à Paris. Désireux de se rompre aux affaires, il quitte la France pour l'Angleterre, d'où il revient, après la mort de son patron. Il entre alors comme employé dans une compagnie d'assurances sur la vie, dont le gérant, Clavière, devait être plus tard ministre des Finances. En 1792, il part en qualité de volontaire et fait la campagne de Champagne ; en 1793, il devient secrétaire de Clavière, nommé ministre et épouse Mlle Deloche, fille d'un ancien avocat au Conseil. Réduits à la gêne par la baisse des assignats, les époux quittent Paris, se fixent à la campagne et songent à ouvrir une maison d'éducation.
C'est alors que J.-B. Say fonde avec Chamfort et Ginguené le journal la Décade. Nommé tribun en 1799, il désapprouve la politique du nouveau gouvernement. « Trop faible, a-t-il dit, pour m'opp'oser à l'usurpation et ne voulant pas la servir, je dus m'interdire la tribune et revêtant mes idées de formules générales, j'écrivis des vérités qui pussent être utiles en tous temps et dans tous les pays. » Telle est l'origine de ses écrits économiques dont le plus célèbre porte ce titre : Traité d 'économie politique ou simple exposé de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses (Paris, 1803). En 1804, il est exclu du Tribunat et nommé directeur des contributions indirectes de l'Allier. Il refuse ce
1. Petit volume contenant quelques aperçus des hommes et de la société. Paris, 1817, in-18.
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poste a( - ■ lance dans L'industrie. En 1810, il est nommé prou r au Conservatoire des Arts et Métiers, puis en 1881,
au Collège de France. Il meurt peu aprèsydans - inte-
rne année.
— Quand on ne sait que ce qu'on a appris, on peut être un savant et un sot. Il faut de plus savoir ce qu'on a deviné.
— Une des plus grandes preuves de médiocrité, c'est de ne pas savoir reconnaître la supériorité là où elle se trouve.
— La plus belle pensée, la plus neuve, la plus utile n'obtiendront jamais en public autant d'applaudissements qu'une niaiserie convenue.
— L'usage est la loi des gens médiocres, comme les proverbes sont la morale du peuple. Mais les proverbes valent mieux que l'usage.
— 11 ne laisse pas d'être humiliant pour l'homme qui a le plus d'esprit et d'instruction, de penser qu'il n'y a pas de sot qui ne puisse lui apprendre quelque chose.
— Entre un penseur et un érudit il y a la même différence qu'entre un livre et une table des matières.
— On s'endurcit contre l'indifférence et l'injustice des hommes de même qu'on s'endurcit contre le froid. Mais le froid poussé trop loin cause la mort.
— J'ai vu des gens qui se piquaient de négliger les petites choses, et je n'ai pas vu qu'ils se tirassent beaucoup mieux des grandes.
— On veut être apprécié ; mais on n'aime pas à être apprécié tout juste ce qu'on vaut.
— Les hommes de toutes les époques se ressemblent. L'histoire n'est pas utile parce qu'on y lit le passé, mais parce qu'on y lit l'avenir.
— Quand on est puissant, il faut être bien peu bon pour être excellent et bien peu beau pour être divin.
— Une multitude de personnes, et même de personnages, parce qu'ils sont au-dessous de tout, ne peuvent jamais comprendre qu'on soit au-dessus de quelque chose.