‹ La pensée françaiseChapitre 85 sur 155 · LOUIS-PHILIPPE · texte numérisé non relu

LOUIS-PHILIPPE

Il semble inutile de donner ici une longue biographie de Louis-Philippe, Joseph, duc d'Orléans, né à Paris en 177."*. On sait qu'il fut élevé par Mmo de Genlis, d'après les principes d'éducation de Jean-Jacques Rousseau ; qu'il adopta, comme son père, les principes de la Révolution et qu'il combattit en sa faveur tant qu'il la crut favorable aux espérances de sa maison. Après les trois journées de 1830, il fut désigné pour les fonctions de lieutenant général du royaume et, e 6 août, la Chambre des Députés lui offrit le trône sur equel il monta après avoir prêté serment à la nouvelle Constitution. Il dut abdiquer le 24 février 1848, en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, sans que ce sacrifice sauvât la royauté. Louis-Philippe se réfugia alors en Angleterre où il mourut en 1850, au château de Claremont.

— La liberté périt par l'anarchie ; elle ne peut exister que par le règne des lois.

— L'idée de la liberté ne peut se séparer de l'idée de l'ordre public.

— La liberté des cultes est un droit.

1. Eugène Paignon. Code des rois. Pensées et opinions d'un prince souverain sur les affaires de l'Etat. Paris, 1848, in-12.

La seconde édition est intitulée ainsi : Pensées et opinions de Louis- Philippe sur les affaires de l'Etat, publiées par M. Eugène Paignon, Paris, Cotillon, 1850.

22 i LA PENSÉE l R \\<; USE

— lh\ souverain ne doit pas laisser douter de son désir de faire respecter la religion.

— Le meilleur moyen de rendre une nation digne de la liberté, c'est de l'éclairer, c'est de répandre l'instruction dans toutes les classes de la société. C'est en s'éclairant que les nations apprennent à chérir leurs institutions et à placer leur garantie dans le règne des lois et le maintien de la tranquillité.

— Le libre exercice des droits ne saurait subsister là où il y a une force supérieure à la loi, soit qu'elle vienne du trône, soit qu'elle vienne du peuple. Tout doit être soumis à la loi.

— La publicité est la garantie de la légalité.

— L'indépendance de la magistrature est la seule garantie que la nation puisse avoir de l'impartialité avec laquelle elle rend la justice.

— Le commerce ne peut prospérer que par la liberté.

— La confiance dans l'avenir fait la sécurité du présent.

— Il faut que la vérité arrive aux rois, mais il faut qu'elle arrive aux nations. Aujourd'hui les nations ont leurs flatteurs comme jadis les rois. Et les flatteurs savent aussi bien altérer la vérité par la flatterie, que l'obscurcir par l'insulte et la calomnie.

LA PBN9ÉB PEANÇAI91 225

LABOUÏSSE-ROCHEFORT (1778-1852)

Labouïsse-Rochefort (Jean-Pierre-Jacques-Auguste de), né

i Saverdun (Foix), en 1778, se distingua comme poète-lau-

'éat. Il était membre de toutes les académies de province ;

1 fit paraître YAlmanach des Troubadours et un recueil

l'élégies intitulé Les Amours, dédié à Eléonore, sa femme.

1 avait décrit des voyages dans tous les environs de Paris

it collaboré à un grand nombre de journaux, lorsqu'il publia

on livre de Pensées1, dans lequel, dit Bougeard ", il n'a pas

ntretenu le public de son bonheur conjugal, respectable

aiblesse à laquelle il avait si souvent sacrifié dans ses poé-

ies, qu'on l'appelait, de son temps, le poète de Vhyrnen.

De Labouïsse-Rochefort, qui avait été détenu par les révoîtionnaires comme suspect pendant la Terreur, fut poursuivi >mme royaliste sous le Directoire. L'Empire lui confia un oste dans les finances.

Outre ses Pensées et ses deux livres d'Amours à Eléonore, écrivit : des Réflexions sur le divorce ; la Contre-satire ivie de Poésies diverses ; Eleonoria, bibliographie des léonores ; des Souvenirs et mélanges littéraires, politiques bibliographiques ; un Petit Voyage sentimental ; un Ma- \feste sur la décentralisation intellectuelle ; Trente ans de a vie ; Mes rêveries et mes confidences, etc.

. Pensées, observations et réflexions morales, politiques et littè-

ires de M. Auguste Labouïsse, troisième édition revue et augmen-

i. Deux volumes petit in-18. A Paris, de l'imprimerie de Michaud

fres, rue des Bons-Enfants, n° 34; chez Delaunay, libraire, Palais-

lyal, galerie de Bois, n° 243, 1810.

. A. Bougeard. Les moralistes oubliés.

236 LA l'i \sû: FRANÇAISE

— Défiez-vous d'une femme distraite : c'est un lynx qui vous observe.

— Les sots font moins de sottises que les gens d'esprit ; mais, en revanche, ils en disent davantage.

— Il est des gens qui semblent se réserver pour les grandes occasions : ils n'attendent celle de rendre des services importants que pour se dispenser de ceux dont on a besoin tous les jours.

— Pour un cœur tendre, trop de réflexion sur la résistance est une préparation à la défaite.

— Il n'y a point d'amour ni d'amitié purement stériles... Ces deux sentiments ne peuvent être oisifs : ils agissent ou n'existent point.

— Il est des médecins qui agissent sans délibérer : c'est un attentat à la vie ; il en est d'autres qui délibèrent sans agir : c'est une méditation sur la mort.

— Les grands ont un avantage : c'est qu'avec peu de science, peu de sagesse, peu de mérite, quelques-uns d'entre eux acquièrent une considération que la science, la sagesse et le mérite tout seuls ne peuvent procurer.

— Il n'est rien de petit pour le cœur.

— Châtier avec emportement, ce n'est pas punir, c'est se venger.

— J'ai remarqué qu'on serait souvent plus heureux dans le mariage si l'on ne craignait pas de le paraître.

I \ ITNSKT FRANC OflB 227

Page 1