LA PENSÉE PURE
Au début du présent volume il nous sera permus de faire la remarque qu'aucune histoire universelle n'existe où l’husioire des idées ait la place qu’elle occupera dans cette œuvre et soit iniégrée aussi profondément.
Nous ne parlons que des histoires universelles qui présentent un caracière positif; car nous n'oublions pas qu’il enexiste où l’Idée est plus qu'intégrée, — puisqu'elle est donnée a priori comme le fond méme de l'histoire : il y a des théologiens qui ont connu les desseins de Dieu, gesta Dei per homines, ef des métaphysiciens qui ont consiruit dialectiquement, par la toute-puissance de leur Raison, la philosophie de l’histoire. Nous, dans cette synthèse où nous recuerllons tous les facteurs explicatifs, où nous essayons de faire à chacun sa juste part, nous nous proposons de chercher quelle est celle, non de l’Idée, mais des idées, — des idées pures. « Il faut que l’idéalis me historique se fasse expérimental ; qu’il s’enracine dans la psychologie positive, pour se préciser el se ramifier dans l’hustoire des idées (1). » Nous suivrons donc ici l’évolution de ce psychisme, dont nous avons retracé les humbles débuts (2), à l’élape où, non contente de se penser, la pensée
(1) Voir noire Synthèse en Histoire, p. 212.
{2?) Voir tomes II, pp. vi el suiv., xiv, IIL, pp. x, xvini el suiv.