ATH ES A ARR CENT AT OUR
LES ÉLÉATES MES ns 117
satisfaction la plus véritable aux exigences de PÉléatisme.
L'unité de l'Étre se déduit de son infinité même. En effet, si l'Être infini n’est pas un, ou bien c’est une partie de lui-même quien limitera une autre, ou bien c’est un autre être qui le limitera (fr. 5.et 6). À cet argument original, qui fait songer à Spinoza, Mélissus en joint un autre qui se fonde sur des considérations physiques. Sile continu m’est pas simple et un, il faudra que les parties en soient distinguées par du vide. Mais, s’il y avait du vide, ils’insinueraitpartout et ainsi finirait par dissoudre Être en rien, ce qu’on sait déjà être impossible. L’Être n’a donc pas de parties et il est un (1).
La négation du vide prouve doublement l’immobilité de PÊtre. D’une part, en effet, ïl n’arien où, quittant son lieu, äl pourrait se retirer, et il ne peut d’autre part, sans vide, se contracter ou se dilater en lui-même (fr. 7, $ 7-10 et fr. 10). — Il est en outre immuable, en vertu même de son unité; car, sil pouvait diminuer ou croître, subir quelque peine ou quelque altération, il deviendrait dissemblable de lui-même et se dédoublerait en quelque sorte, Il suffirait d’ailleurs que l’Étre, en dix mille ans, changeât de l'épaisseur d’un cheveu, pour que, dans la totalité des temps, il dût enfin s’anéantir complètement (fr. 7, $ 1-6). Cet être immuable est-il Dieu et a-t-il la béatitude (2) ? De telles idées semblent bien étrangères à lesprit de Mélissus. En tout cas, cette béatitude serait sans conscience, car on ne voit pas ce que serait une conscience, sans altération ni changement. (
Enfin, parce qu’il est un, l’Être, selon Mélissus, ne doit pas avoir de corps. Car, ayant de l'épaisseur, c’est-à-dire un volume, il aurait des partie: et ne serait plus un (fr. 9). Parménide au contraire avait défini l’Étre comme une sphère. Mais, sur ce point encore, Mélissus semble avoir voulu préciser seulement la pensée de son maître et non rompre avec elle,
(1) Fr. 7, $ 7 et les textes d’Aristote, LX VIII, ch. 20, A 8, (2) Cf. XI, 1, 199.
* es RAR es | PNA AIM RRNR RENE RE \ 1 Ja C7 FOSSES TAN 2 j Ÿ à NAS te ST PE AE LE
Il craint que Pêtre sphérique ne soit pris, avec son centre et sa périphérie, pour une portion limitée de l'étendue. Il veut que celle-ci, qui est pleine, qui est à ses yeux infiniment grande, soit aussi, sans équivoque possible, vraiment indivisible et une. Il fait ce que fera plus tard Spinoza, en attribuant
à Dieu l’étendue tout en lui refusant un corps.
Penseur original et vigoureux, remarquablement Époe et lucide, Mélissus a été plus justement apprécié par Platon, qui l'élève presque au niveau de Parménide, que par Aristote, qui le couvre d'insultes (1). L’Éléatisme lui survit, soit chez les Sophistes dans ses éléments critiques et négatifs, soit, en outre, dans ce qu’il a de plus profond et de plus philosophique, par une interprétation de la doctrine socratique du concept, dont la place est considérable dans Phistoire de la pensée grecque : l'interprétation mégarique.
(1) PLATON, Théét., 180 e, 183 a. Aristote l'appelle disputeur, lourdaud, esprit par te grossier ; cf. Bonirz, Ind. ar., 4528 5,