AYANT-PROPOS
Pascal a écrit : « Par l'espace, Funivers me comprend et m'engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends » . 11 semble que ce mot, cité par Hoffding dans le présent ouvrage, soit la devise de maint représentant de la philosophie actuelle. On ne songe plus à contester que, du point de vue de la science, qui s'applique à réduire les choses à leurs dehors, à les considérer comme purement extérieures les Unes aux autres, et à les expliquer, en ce sens, les unes par les autres, l'homme ne rentre, de tout point, dans le monde, dont il est une minime partie. L'homme, pour la science, n'est et ne peut être qu'un produit du milieu où il se trouve. Mais, venant à réfléchir sur cette explication, la raison humaine, avec une conscience de plus en plus vive, la juge incompréhensible, vide de sens, impossible, si à l'univers ne préside l'esprit, c'est-à-dire l'homme même, dans ce qui constitue sa dignité et son être propre. Le monde explique l'homme, mais l'homme explique le monde.
C'est de la sorte que Hoffding conçoit le rapport de l'homme aux choses. Il termine ainsi son classique traité de Psychologie fondée sur l'Expérience : « Si loin que puisse aller l'explication de l'homme par le monde, l'explication du monde lui-même ne se peut faire que par l'homme... La pensée, qui explique tout, est, pour elle-même, le dernier et l'éternel problème ».
Ce problème, toutefois, convient-il de se le poser ? pou- Hôffding. — Pensée. a