‹ La pensée libre [microform]; entretien pour ceux qui ne croient pasChapitre 2 sur 6 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Union pour la vé^rité 2if mie Viseoiiti (VI«)

Novembre 1918

fr - Tx-e.

2 novembre 1918.

A pareil joiv\ avant la guerre, fUnion pour la vérité a plus d'une fois distribué à ses membres un fascicule In memorism, destiné à fixer le souvenir des amis perdus dans Fannée. Et à cette occasion^ Fan se demandait quelles affirmations autorise la raison toute seule ^ dont nous nous réclamons ici, sur ce qui reste lorsque Findioidu périt. Une loyale recherche de ce qui est immortel^ au sens exact, c*était notre hommage aux morts.

L'examen de conscience qui suit reprend cette tradition.

Il a été écrit, pour son propre apaisement, par notre ami Edmond PoUier, de V Institut, conservateur au Louvre et professeur à VÉcole des Beaux-ArtSf alors que ses convictions eurent à subir Fépreuve de la mort d'un fils unique, donné par ses parents et par lui-même à la Juste cause.

Cet examen de conscience d'un français instruit, âgé de soixante ans au début de la guerre semblera terriblement négatif. Il provoquera le désappointementt peut-être un froissement, une révolte chez quelqueS'Uns. Ceci n'est pas un mal.

La concorde entre les citoyens n'est plus à la merci d*an dissentiment religieux, dès lors que chacun ne prétend parler que pour soi, avec candeur et respect. Il est probable que la religion commune et publique

de^Prançais, désormais, c'est le Droit, le surplus des croyances étant affaire domestique ou personnelle.

Et quant à notre Union pour la vérité, elle bénéficiera sûrement de toute confession franche de l'un ou l'autre des siens. « Nous voulons, dit notre charte d'association, qu'un foyer de libre esprit, purement généreux et purement raisonnable, à jamais libre, soit entretenu, hors de tout parti, hors de toute église, à rencontre de tout abus d'autorité, nonolistant tout entraînement de l'intérêt particulier, de la violence ou de la peur. » Et pour entretenir ce « foyer de libre esprit », le procédé institué était celai de /'Entretien, suivant la méthode socratique, suivant l'Art de conférer de Montaigne, l'Art de persuader de Pascal, le chapitre de Leibniz sur les degrés d'assentiment et celai de Malebrancbe sur la Liberté de l'esprit. Noms successifs, depuis vingthuit ans de constance : Bulletin. Correspondance, Libres Entretiens, Entretiens des Non-Combattants durant la guerre ; méthode d'exposition variable suivant les besoins, esprit unique. Esprit, non d'autorité, mais de recherche.

Cette profession de foi d'Edmond Pottier est, eonr formément à notre même usage, un Entretien. Oa plutôt elle introduit un Entretien. Elle s'offre à la contradiction.^ Si quelque membre de l'Union se sent pressé d'y répondre, non seulement on n'écartera pas sa réponse (pourvu qu'elle soit raisonnable), mais on

la désire, on rappelle.

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