‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 105 sur 311 · Bibl. Nat., Lb 51, 800. 6. Bibl. Nat., La · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., Lb 51, 800. 6. Bibl. Nat., La

7. Blanqui protesta, au même procès, contre la terreur affectée de la bourgeoisie : « Quatre-vingt-treize est un épouvantail pour les portières et les joueurs de domino » (Bibl. Nat., Lb 51 1182, p. 82). Le rapprochement des deux révolutions était perceptible dans les œuvres de Barbier : Auguste Barbier a publié en décembre 1830 le Zion, où, en termes presque républicains, il oppose le peuple guerrier à la Bourgeoisie qui a confisqué la Révolution. En février 1831, la satire dela popularité (Zambe VI, p. 53-62) dut plaire à Vigny. Ces vers :

Tout est en mouvement sur la place publique : Le verbe haut et le cœur plein,

Chacun bourdonne autour de l’œuvre politique, Chacun y veut mettre la main

annoncent la raillerie de Stello : « À quelle médiocrité, s’il vous plaît, serait-il

défendu de prendre un grain luisant de cette grappe du pouvoir. » (154, 120). Datée de janvier 1831, une strophe de cette satire IV:

Sombre quatre-vingt treize, épouvantable année, etc.

)6 fan NL 04 LA EL LIEN HAE | 44 LM 4) L

6 novembre au 4 décembre 1831, Lapommeraye faisait, au n° 12 de la rue Thévenot, un Cours Public d'Histoire de France depuis 1787 ; la 4e livraison des Œuvres de Robespierre, publiée par lui, paraît le 10 janvier ; il annonce, comme prochaine, la publication des Œuvres de Saint-Just. Voici le ton de son enseignement : « Echafauds vengeurs de 1793, dressez-vous ! Hache révolutionnaire, frappe ! Le grand jour des représailles est arrivé : trois mille ans de meurtres, de rapines, de tortures, de crimes de toute espèce, vont s’expier dans une libation de sang royal et féodal (1) ».

Le républicain, pour Vigny, s’exhibe en «bon compagnon et joyeux convive ; on fait de la rudesse, de la franchise, de la bonhomie à grands coups de poing sur l’épaule, entre le punch et l’écarté (2) ». Or, Vigny a des manières réservées presque féminines, « les cheveux blonds et la taille mince (3) » ; il aime alors «le monde » d’un amour complexe où entrent sa joie de beau danseur, ses succès de poète, sa nostalgie de gentilhomme. S'il décrit l’arrivée d’une foule « élégante, étincelante, qui passe du thé au théâtre et ira du théâtre au bal (4) », il lui pardonne sa frivolité, son inintelligence, ses médisances même, parce qu’elles sont discrètes et murmurées à mi-voix. Au contraire, les « bousingots » qui fument la pipe et jurent bruyamment, les « faubouriens » sans habit et sans chapeau « jettent l’effroi » partout où ils passent («C’est une taverne, une caverne parfois »). Cette naive épouvante l’obsède au point qu’il ne peindra le peuple, dans Siello, que sous des couleurs presque infamantes (5). Sans

exprime le sentiment de terreur à demi respectueux que professe volontiers Vigny à l’égard de l’an II («Mais tout cela était grand..»,1$t.,117).Barbier flétrit l’Emeute, dans le même sentiment que Vigny entre à la garde nationale, L’Idole (mai) exprime le souvenir des violences de l’invasion (74-75) qui avaient frappé Vigny ; et son célèbre réquisitoire contre l'Empereur trouve dans l’ancien légitimiste un lecteur sympathique. Enfin, la Cuve (octobre), qui porte la marque de Paris, flétrit la populace dont une satire ardente se lira dans Stello. Si bien que Barbier n’a évidemment pas agi sur la rédaction de Paris, mais son influence est notable sur Stello,

Page 1