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&, Montgaillard écrit : « Quelques barbaries que les Jacobins commettent, ils demeurent cependant au-dessous de l’Inquisition d’Espagne et la palme de l’assassinat politique appartient de droit au Saint-Office » (0. c., IV, 242). Il trouve à Saint-Just un regard « naturellement doux » (1bid., 251).
5. « On émit aux Jacobins la prétention de faire guillotiner toutindividu… qui aurait atteint sa soixantième année... On émit la proposition de faire saler et mariner les chairs des suppliciés reconnues saines et de bonne qualité » (0. c., IV., 232). « On tannait, à Meudon, la peau humaine, et il est sorti de cet affreux atelier des peaux parfaitement préparées ; le duc d'Orléans, Égalité, avait un pantalon de peau humaine. Les bons et beaux cadavres de. suppliciés étaient écorchés et leur peau tannée avec un soin particulier, La peau des hommes avait unelconsistance et un degré de bonté supérieurs à la peau des chamois : celle des femmes présentait moins de solidité à cause de la mollesse de son tissu. » (0. e., IV., 290)
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8, Ainsi, Coste d’Arnobat, ancien gendarme de la maison de Louis XVI, publie 1e 21 janvier 1830 « Les hommes de la Révolution peints d’après nature ». (Bibl. Nat., La #3 474).
9. Stello montre Robespierre hostile, par principe, aux aristocrates de l’intelligence » (Sr., 226) ; « aux yeux de ce nouvel Omar, dit Montgaillard, le génie,
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Entre les royalistes et les terroristes, des esprits critiques et in formés, ou de tendance impartiale, ont prêté aux révolutionnaires «un projet édifiant d’adoucissement successif de leur pouvoir, de confiance dans le règne de la vertu, de conviction dans la moralité de leurs crimes ». Vigny rassemble ici confusément des théories assez diverses. « Confiance dans le règne de la vertu, conviction dans la moralité de leurs crimes » : c’est linterprétation de Mignet qui avait dit dans son Histoire de la Révolution Française (1824) : « Robespierre et Saint-Just voulaient changer les mœurs, l'esprit, les habitudes de la France ; is voulurent se faire une république des anciens. La domination du peuple, des magistrats sans orgueil, des citoyens sans vice, la fraternité des rapports, le culte de la vertu, la simplicité des manières, l’austérité des caractères, voilà ce qu’ils prétendaient établir (1) ». Le projet d’« adoucissement successif de leur pouvoir » est très répandu, même à l’époque, puisqu'on le trouve à la fois dans la Biographie Michaut (2), dans
les talents, les connaissances faisaient des titres de proscription » (0. c. IV., 260). Robespierre est, pour Vigny, l'instrument de la Destinée « à cause de [sa] médiocrité » (S4., 125). « Si ce misérable, dit Montgaillard, absolument dépourvu de génie, devient le dominateur de la France, n’est-ce pas que mille circonstances lPauraient servi ? Incapable de les faire naître, il les à tournées à son avantage par d’obscures combinaisons. Aveugle comme la fortune, notre Révolution l’a mis au sommet de sa roue » (o. c. IV, 259). Sur la chute de Robespierre : « Il avait été lâche », dit Vigny (St., 259) ; et Montgaillard : « Le monstre est lâche autant qu’il le fut au 10 août et au 2 septembre, » (o. c., IV, 255). Vigny peint Henriot le 9 thermidor étranglé « de vin » autant que de colère et qualifié de « vieil ivrogne » par un officier ; Montgaillard : « On ne tire pas, soit que les canonniers craignent d’obéir à ses ordres... ou, comme on l’assure généralement, que cet homme soit dans un état d'ivresse qui le rend incapable de donner des ordres » (0, e., IV, 254). Sur la promiscuité monstrueuse des « fournées » (S1:, 240), Montgaillard dit : «La même charrette porte à l’échafaud le royaliste inconsidéré, le constitutionnel à système, le prêtre, le philosophe, le jacobin qui s’est un peu modéré, le financier, le manœuvre, la courtisane effrontée et la mère de famille » (0. c., IV, 234). Pour Montgaillard, la révolution dans son ensemble fut « l'ouvrage de la peur » (IV, 264).
1. MiGner, o. c., Il, 56-57. L'importance donnée par Vigny au « tour de roue » de Blaireau pourrait avoir été suggérée par Mignet, qui écrit : « Henriot ne put pas décider les canonniers à tirer. Son pouvoir se borna à les entraîner aveclui, etilse dirigea vers l’Hôtel-de- Ville. Le refus des canonniers fixa le sort de cette journée » (MIGNET, o. c., II, 91).
2. «Il ne faut pas croire, lit-on à l’article Robespierre, que Robespierre fût l’auteur de tous les crimes dont on a chargé sa mémoire, Il est constant que ce fut pendant qu’il s’éloigna des Comités, quelques semaines avant sa mort, que la Terreur fut portée à son plus haut degré. Il est également sûr que son intention était d'y mettre fin. S’il craignait de l’annoncer hautement, c’est qu’il craignait l'opposition de ceux qui le renversèrent ».
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Montgaillard, déjà cité (1), et dans Nodier. Les conversations de Nodier, avant ses publications, ont évidemment servi de source à Vigny, sans que Vigny ait ratifié tous les jugements du « plus poétique des savants (2) ».
Nodier loue le discours du 9 thermidor « vraiment monumental, en ce qu'il révèle, d’une mamière éclatante, les projets d’amnistie et les théories libérales ‘et humaines qui devaient faire la base du gouvernement à venir, SOUS l'influence modératrice de Robespierre, si la Terreur m'avait triomphé le 9 thermidor (3) ». Nodier, 51 fantaisiste en général, a très bien marqué le caractère ultra-terroriste de la journée du 9 thermidor : «Si la tyrannie méthodique, dit-il, si la Terreur organisée en système avaient leur siège quelque part, c'était dans les comités de gouvernement, depuis longtemps déjà désertés par Robespierre » (4). On a noté (5) des emprunts certains de Vigny à Nodier : le mouvement et même la typographie d'une phrase capitale, où Vigny condamne le Pouvoir (6) ; plus d’une autre relation mérite d’être signalée (7): la relative indulgence dont Vigny témoigne pour Saint-Just semble provenir de
4. « Robespierre. a!fin derprévenir les complots dont il craigmait d’être l’objet, marquaît déjà «en lui-mème pour le supplice ceux dont l'audace ou l'astuce ui semblait être plus dangereue, Tallien, Fouché, Fréron, Billaud, Barère, etc. Cet homme... avait conçule dessein d’être le réparateur des excès qu’il avait fait commettre. … 11 se proposait alors d’instituer un code de modération’et d'établir un régime de liberté » (Monr@arzLan®, 0. c., TV, 197).