St, 279. 4. St
6. «Il n°y a ‘pas d'année qui ait fait autant de théories sur ces hommes que . w’en fait cette année 1832 en un seul de ses jours, parce qu’il n’y a pas d’année où
bien qu’il peut tenter une revue des systèmes professés vers 1830
au sujet de la Terreur.
Il distingue quatre écoles (1).
« On à cru les membres de ce Comité farouche dévoués profondément aux intérêts du peuple, et tout sacrifiant au progrès de Thumanité, tout, jusqu’à leur sensibilité naturelle...» Nous avons indiqué la renaissance de l’apologétique révolutionnaire autour de 1830. Le Saint-Simonisme y avait aidé (2). Dès 1828, Laurent de l'Ardèche avait essayé une réhabilitation de Robespierre. Il disait : « Parvenu au sommet de la popularité sans avoir caressé, comme Danton, les passions démagogiques ou favorisé les goûts licencieux de la multitude, sans avoir montré dans ses vêtements ou dans son langage la moindre condescendance pour les travers et les folies de son temps, sans posséder enfin ces dehors séduisants, ces qualités brillantes qui commandent le dévouement ou l’admiration, üïl tomba sous les coups de quelques misérables dont il s’apprêtait à punir les déprédations. On eût dit que. chacun attendait avec impatience la victime expiatoire qui devait accumuler sur elle le courroux du ciel et l’animadversion des hommes (3) » Et, plus loin ; « Non, Robespierre ne fut pas le plus cruel des révolutionnaires ; non, sa médiocrité n’est pas incontestable ; non, la royauté, la dictature, le suprême pouvoir ne fut pas le but secret de toutes ses actions (4) ».
A cette apologie de la Terreur, Vigny répond par le dédain : « Système, dit-il, de l’année à son usage. » I nie le génie politique des «triumwirs », « médiocres et étroits dans leurs conceptions, médiocres et faux dans leurs œuvres, médiocres et bas dans leurs actions (5)» ; leurs discours ne sont que d’informes ouvrages ;
plus grand nombre de gens n’ait nourri plus d’espérances et amassé plus de probabilités de leur ressembler et de les imiter » (St, 119).
1 St 19:
2. L'exposition de la Doctrine Saint-Simonienne, publiée en 1826, considère la Révolution de 1789 comme l’un des pricipaux moments de l’époque critique moderne ; on y trouve l’idée comtiste qu’il n°y a pas de crise inutile. En 1830, Carnot et Laurent allèrent pousser le cri de : Plus de Bourbons ! (Werzr, 0. c., 43), Hostiles à l’Encyclopédisme, auquel ils reprochaient de flétrir le sentiment religieux, les Saint-Simoniens lui rendaient grâces d’avoir préparé un renouvellement politique et social, « Allez méditer dans la solitude de Versailles, disait Laurent à Thiers ; aux environs du Jeu de Paume, sur les ruines de la Bastille, là où s’élevèrent les tentes de Condé, autour du monument de Quiberon, à la place de la Concorde... » (Ibid., 51-52).
3. LAURENT DE L’ARDÈCHE, Réfutation du livre de M. de Montgaillard, 315,
Us. Lb,,.820!, 5: S%, 128.
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seul, le discours suprême de Robespierre a quelque beauté, parce qu’il rappelle l'effort du « sanglier acculé (1) ».
A l’école terroriste s’oppose l’école royaliste pure. « Il est vrai qu’on les a presque dits hydrophobes.. gouvernant tout exprès pour:se donner la joie d’égorger. » Vigny a grandi dans cette école ; elle a fait autorité jusqu’à 1830 : le Précis d'histoire de la Révolution Française, de Lacretelle jeune, dépeignait ainsi les triumvirs. Robespierre : « Son sourire est effroyable, même quand il s’adresse à ses amis »; « atroce Couthon » est un « paralytique au front calme, au cœur de tigre (2) » ; Saint-Just est d’une « férocité précoce, d’un fanatisme froid, prononçant avec calme les sentences du crime (3) ». L'abbé de Montgaillard, dens son Histoire de France. (1827), malgré une certaine largeur d'esprit, (4) se faisait l’écho de toutes les légendes qui couraient dans les milieux royalistes sur les Jacobins mangeurs de chair humaine, etc. (5); et accusait Robespierre « cet homme aussi fourbe qu’atroce (6) » d’avoir aspiré à la tyrannie, «but auquel se flattait de parvenir son ambitieuse démence (7) »; vers 1830, d’autres libelles royalistes voyaient le jour (8). Vigny repousse ce système avec un mépris égal, « système de trembleurs surannés ». Pourtant, il semble avoir fait quelques emprunts à Montgaillard (9).
4. Il accepte même de Maistre cette définition « L’histoire du 9 thermidor n’est pas longue : quelques scélérats firent périr quelques scélérats » (Considérations sur la France, 126 ; cf. St., 213).
2. LAGRETELLE, Précis d'histoire de la Révolution française, II, 12-14.