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LA CRITIQUE SOCIALE DANS STELLO 119 la peine sinistre, que je conteste même à la justice ! (1) » Le bourreau lui apparait comme « l’assassin de la loi ». Vigny renouvelle sa protestation en 1835 (2) et en 1836, à propos d’un fait que le Journal d'un Poèle rapporte en. deux endroits (3).
Ainsi se trouve démentie la thèse maistrienne que le bourreau
“est la «pierre angulaire de la société ». Et, derrière les synthèses
sociales, le poète démolisseur s'attaque à la synthèse théologique édifiée dans les Soirées de Saint-Pétersboursg. L’admiration un. peu effrayée que lui inspirait naguère cet esprit « obstiné, impitoyable, audacieux et subtil (4) » fait place à une horreur et, à un mépris grandissants (5). L'œuvre de Maistre est un «enchainement de: sophismes ambitieux et impies, qu’il avait fini peut-être par adorer, au fond de son cœur, comme les rayons d’une sainte vérité (6) ». Le: Journal, beaucoup plus net, le montre «se tenant dans le mensonge, avec une sombre et pénible résolution (7) ».
Vigny hait d’abord en Maistre le théoricien semi-asiatique (8): de l'autorité. Mais la doctrine de l'autorité s'explique par le caractère sacré de la violence, comme l’atteste toute la théologie judaïque : « L'histoire, dit Maustre, nous montre l’homme persuadé de tout temps de cette effrayante vérité qu'il vivait sous la main d’une puissance irritée et que cette puissance ne pouvait être apaisée que par des sacrifices (9) ». « La croix atteste le salut par le sang... C'était une opinion aussi ancienne que le monde