Et non « de sauvage » (LAUVRIÈRE, Alfred de Vigny
2. Inédit. Précède immédiatement le texte cité par Dupuy (Duruy, La jeunesse des Romantiques, 146).
teuil….. sans le secours de deux personnes (1) ». Ses trois premiers nés moururent en bas âge (2) ; son quatrième enfant languissait, faible, silencieux, les paupières mi-closes (3) ; on lui choisit une vigoureuse nourrice (4) ; la mère l’emporta de Loches à Paris ; «elle lui donna pour abri le jardin très ombragé de l'Elysée, dont les grilles ouvraient l'accès des Champs-Elysées (5) ».
Vigny fut, selon les préceptes de l Emile, aguerri contre le froid ; les exercices du gymnase, la pratique du tir dirigée par de vieux soldats fortifièrent ses muscles, aiguisèrent ses sens, surtout celui de la vue (6). Pourtant, toute son enfance, il resta frêle, un peu féminin d’allures (7) ; ses camarades le battaient, indice qui ne trompe pas (8). Quand il atteint l’âge des plaisirs, sa mère lui conseille de se ménager « à cause de sa délicatesse » (9) ; en 1816, il crache le sang le long des étapes (10) ; c’est lui du moins qui l’affirme, et cette maladie était à la mode (11). En 1826, il est atteint à la poitrine (12), et, l’année suivante, sollicite une réforme à laquelle son état de santé n’est certainement pas étranger (13). Par la suite, très nerveux, il a des élans de vigueur (14) qui alternent avec des périodes de dépression; celles-ci surtout nous sont connues, parce qu’elles interrompent ses travaux et provoquent à la correspondance (15). Ses amis sont accoutumés à le voir actif et bien portant (16). Le 4 septembre 1861, il ressent les douleurs aiguës
14. Lettre de Mme de Vigny au Comité de surveillance de Loches (cité dans Séché, Alfred de Vigny, 1, 40).
2. Ils s’appelaient Léon, Adolphe, Emmanuel (J., 216)). Ils moururent en 1791, 1794, 1796 (Durux, À. de V., 21, 24, 30). Le même auteur donne, ailleurs, 1797, comme date de la mort d’Emmanuel (La ‘eunesse des Romantiques, 191).