‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 125 sur 311 · UNE SOLUTION IMPARFAITE · texte numérisé non relu

UNE SOLUTION IMPARFAITE

accomplir sa mission. » Vigny voit dans l’action le refuge d’une pensée paresseuse ; il l’a éprouvé au régiment quand il « tombaïit (1) » d'Eloa à la théorie d'infanterie. L’action est plus facile que la méditation. Pendant dix ans, il répètera que l’action politique est au-dessous de lui, qu’il y descendra quand il daignera le faire, à son heure, pour embellir le métier. Sa véritable tâche est de s'unir aux hommes par le charme d’une œuvre et non pas de pleurer stérilement sur eux. « Remettez-vous, Monsieur, les larmes troublent la vue (2) ».

Cette pensée ne doit pas ignorer les problèmes présents. Le but de l’œuvre est de les exposer sous une forme d’art, et d’en suggérer une solution conforme à la générosité du Poète : par là, le Poète ressuscite le Politique, en l’affranchissant toutefois des contingences de l’action. Passage capital, où Vigny définit lui-même ses œuvres futures : « La neutralité du penseur est une neutralité armée qui s’éveille au besoin.

Il dit le mot qu'il faut dire, et la lumière se fait. Il dit le mot de loin en loin, et, tandis que le mot fait son bruit, il rentre dans son silencieux travail et ne pense plus à ce qu’il a fait (3) ».

Vigny s’est plaint, dans la Dernière Nuit de Travail, que Stello n’eût converti personne (4).

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