‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 160 sur 311 · LeBEAU, Histoire du Bas-Empire, livre XIII, t. III · texte numérisé non relu

LeBEAU, Histoire du Bas-Empire, livre XIII, t. III

6. Misopogon, VIII et XXII ; Lettre à Libanius, XXVII, éd. citée.

7. Misopogon, XXII. On le croyait du moins. Le feu avait pris le 22 octobre 362, comme on transportait les reliques de Saint Babylas, que l'Empereur ne voulait pas conserver dans Antioche. L’incendie est donc antérieur, non postérieur à la mort de Julien, comme le voudrait Vigny (D, 182), et l’on ne voit pas qu’une scène de vandalisme lait accompagné.

où l'esprit des Sages contemple, face à face, la substance de la Sainte Morale.

Des personnages cités dans Daphné, il n’en est pas un seul qui n'ait été gravement transformé. N’insistons pas sur les figures secondaires, celles de Basile et de Jean (1). De ce pur chrétien, Vigny fait un disciple de Platon. Le poète français a parcouru « ses homélies et ses discours » et n’y voit que « mauvaises... déclamations (2) ». Des œuvres de Jean, Vigny n’a retenu que quelques détails favorables à sa thèse : le pressentiment des grandes invasions, très rare au 1ve siècle ; sa sévérité pour les habitants d’Antioche. Sans doute, quand il dépeint les églises chrétiennes sous des couleurs aussi sombres, Vigny recourt-il à d’autres sources (3), comme les œuvres de Julien.

Julien a entretenu avec Libanius de longues et affectueuses relations : rien pourtant ne permettait à Vigny d’élever le rhéteur d’Antioche jusqu’à ce sommet d'intelligence prophétique où nous le voyons, ici, parvenu. Julien l’appelle, il est vrai, « son frère désiré et chéri, son unique bien (4) » ; il lui confie ses impressions de voyages (5), lui demande ses discours, et, quand il les a lus, épanche son enthousiasme en exclamations : « Quelle éloquence | Quelles pensées ! Quelles finesses ! Quelles divisions ! Quelle argumentation ! Quel ordre |! Quel mouvement ! Quelle diction ! Quelle harmonie ! Quel ensemble ! (6) ». Au seul choix de ces termes, on reconnait l’admiration d’un rhéteur pour un rhéteur, rien de plus. Mais l’avouer eût été, pour Vigny, découronner ses personnages, reconnaître la faiblesse du paganisme à son déclin. Vigny a préféré suivre Gibbon (7), qui, sans faire de Libanius un penseur, estimait très haut son éclat et surtout sa vertu (8). Vigny a conçu Libanius comme un « théosophe » à l’esprit grave et tendre (9), de cœur

3. Sur les erreurs commises par Vigny dans l'interprétation des sources chrétiennes, voy. M. Citoleux, o. c., 1920, 89. 4. Lettre XLIV.

5. Lettre LX XIV. Julien avait manqué la poste, et, au lieu de souffrir « de la poussière et du claquement du fouet »suivait tranquillement «une route couverte, -ombragée, pleine de fontaines », un livre de Platon à la main. Vigny dut aimer, -dans ce studieux rêveur, son propre goût pour les « voyages lents ».

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