‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 198 sur 311 · Inédu. 2. Corr · texte numérisé non relu

Inédu. 2. Corr

3. À partir de 1848, cette passion semble encore accrue (10 nov. 1850, Corr., 11027):

LBCorr., 11 250750 0J, 185.060 J0,1108-1009 7712508" Inédu,

9, Inédit.

ce plan ne sera relu que dix ams plus tard. Vigny souligne alors quelques idées qui, dit-il, se sont perdues dans la transcription poétique, comme celle-ci que « la femme doit célébrer non les actes que l’amour-propre enflamme, mais ceux que la pitié et le sacrifice font éclore ».

Dans une autre lettre, également numérotée troisième il ramenait vers le Maine-Giraud son amante éloignée :

Reviens à mes vieux monts, reviens à mes bruyères ; Sur ce château... ne sont plus les bannières Que mes aïeux marins apportaient des vaisseaux (1).

Leur descendant est resté chasseur, mais c’est à travers les abîimes de la pensée qu’il court

Comme à travers les monts les chasseurs de chamois.

L'opposition de la Nature et de l'Homme inspirait un autre projet de lettre (quatrième ?) :

« Les fleurs, dit Vigny, souffrent la nuit ». Sur cette impression, il a conçu le canevas suivant : « Tristesse de la nature, vis-à-vis d'elle-même, objet d'indignation pour l’homme. Elle éveillerait notre jpitié si l’indignation ne devait pas s’y mêler (2) ».

La lettre cinquième distinguait les peines de l'âme — causées par les Dalilas, — des peines de la vie, ces infortunes que l’ondit vulgaires et qui frappent pourtant des âmes nobles. Etait-ce l’opposition des passions individuelles et des passions sociales ? A l’inverse des précédentes, l’action s’en déroulait à Paris, rappelait l’histoire du Pauvre de la Flûte, et demandait : « Tai qui ‘es la bonté errante à mes côtés, que feras-tu ? (3) » Ce projet n’eût pu être développé sans redite. Vigny en a recueilli les éléments les plus neufs dans les strophes de la troisième partie, qui célèbrent la « bonté errante » de la femme.

Enfin, sous le titre Poème, un fragment en prose est l’ébauche, très reconnaissable, des strophes IX et XXXIX de la Maison du Berger. «La terre n’est qu'une décoration de théâtre et un panorama... (4) ». Tous ces éléments se combinent en un plan unique, où le poème définitif apparait dans ses grandes dignes. Vigny in-

1. L’allusion au Maine-Giraud est évidente. Ces « aïeux marins » sont les Baraudin. Le 8 août 1848, il écrit du Maine-Giraud :« Ilest sur une montagne une épaisse bruyère. Je suis sur cette montagne justement aujourd’hui » (Corr., I 224).

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