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3. L'auteur des Scênes du Désert faisait de ce juste: « un fellah ».
&. Chatterton, III, se. VI.
5. Vers 1840, Hugo se rapprochera du gouvernement royal, qui le récompensera par la pairie en 1845. En 1847, le journal légitimiste La Mode déclare que la princesse Hélène de Mecklembourg s’apprête à constituer un cabinet avec Hugo, Gauthier, Musset, Cassagnac, Faucher et Lamartine. Hugo aime, dans Choses vues, à rappeler ses entretiens avec Molé, Pasquier Guizot, etc. (Cf. Eug. Pezre- TAN, Victor Hugo, homme politique, 83-120).
6. « On ne me considère que comme un poète, aurait dit Lamartine vers 1897, comme un faiseur de vers et on est dans une erreurprofonde.. J’ai surtout à cœur
et qui nont ni valeur, (1) ni probité (2), ni foi reli-
gieuse (3).
Lui qui doute de l’âme, il croit à ses paroles. Mais, parmi ces hommes, les plus clairvoyants pressentent le prompt oubli de leur œuvre. « À quinze jours de distance, lui écrivait le professeur-député Dubois, (7 sept. 1842), nos paroles, à nous autres hommes politiques, ne laissent plus de souvenirs. Poète, ne descendez jamais de votre paix et de votre sérénité dans les régions de trouble (4) ». L
Vigny paraphrase cet amical aveu :
Ils sont fiers et hautains dans leur fausse attitude, (5) etc. Lamartine, dont l’exemple l’obsède, connait déjà le châtiment :
Ils jettent leur pensée aux vents de la tribune, Mais ces vents, inconstants comme l’est la Fortune, Les rouleront comme elle et les emporteront.
Guizot venait, en effet, (mars 1843) d’écraser Lamartine, déjà très ébranlé à la chambre (6), dans un duel oratoire qui fut retentissant (7). — Ni les uns ni les autres, du reste, ne se soucient de
de passer pour ce que je suis, c’est-à-dire pour un homme positif,pour un homme d’affaires » (AUDEBRAND, Vos révolutionnaires, 211). Dès 1835, il écrivait : « Je vois se réaliser. que l’éloquence était en moi plus que la poésie, qui n’est qu’une de ses formes » (QUENTIN-BEAUCHART, Lamartine, homme politique 25). L'auteur de la Réponse à Némésis disait dès 1831 :
« Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle !» et la préface de la Chute d’un ange renouvellera l’expression de ce « singulier dédain » dont s’étonneront tour à tour Vigny et Leconte de Lisle.
3. Si les Mémoires de Molé, écrits dans les dernières années de sa vie, le peignent comme fort pieux, nous savons par son ami de Barante que, plus jeune, ilétait incroyant (Lettre de la duchesse de Broglie, citée dans BARANTE, Souvenirs, IV, 515, 17 avril 1832). De Grandmaison confirme ce caractère chez Pasquier (Un demi-siècle de souvenirs, 155). Tocqueville, de son côté,se qualifie de « mécréant » (Œuvres complètes, VIII, 140). Vigny écrira vers 1845 : «Condillac règne. $ Les théories modernes saint-simoniennes et fouriéristes disent : le présent est tout, la santé et la richesse, voilà notre but. C’était autrefois la morale de l’esclave et du valet de comédie. Le maître s’en honore aujourd’hui » (Journal, dans DorisoN, À, de V. poète philosophe, 177).
4, Cité dans Dupuy, Le rôle littéraire, 11, 270. 5. Poèmes, 185.
6. Lamartine, à la chute de Thiers, s’était cru le maître de la situation ; on lui avait offert un portefeuille secondaire, ille refusa comme indigne de lui ; il déclina de même une ambassade : il ne voulait pas se « déparlementer ». Or, dès le-début de 1842, il échoua à la présidence contre Sauzet et n’obtint que 64 voix.
7. Le 2 mars, Lamartine avait dit à Guizot, en conclusion d’un long discours : « Oui, il est temps que ce jeu finisse, car il n’y a plus de milieu : ou il faut que la | France cesse d’être la France, ou que vous cessiez de gouverner» (Vive approbation :
bâtir, comme Vigny le dira dans les Oracles ; bâtir, c’est établir entre le peuple et le roi un lien de confiance réciproque, analogue à celui qui unissait les Bourbons à leur vieille noblesse. Mais les politiciens ont « pour horizon leur salle de spectacle » ; ils ne peuvent même pas s'imposer à l'admiration du peuple ; le paysan riche, en Angoumois tout au moins, aspire à un gouvernement fort qui se passera de Parlement (1).
Vigny estime que la faute capitale du gouvernement de juillet a été de donner le pouvoir à une oligarchie politique sans lien ni avec le trône, ni avec le peuple, qui irritera le conflit de ces deux principes et sera engloutie dans leur lutte. Ce qu’il dira pesamment et clairement dans les Oracles est déjà contenu, de façon un peu sibylline, dans la. Maison du Berger.
Si Dieu est l’Inconnaisable, il a du moins une image sensible sur la terre, dans la Nature qui semble réunir ses deux attributs d’'Infini et d'Éternité. En 1832, Vigny éprouvait déjà une sorte « d’indignation pareille à la colère », en face des « pierres » qui ont da prétention de nous effrayer.. (2) » A cette époque, il a foi en l’énergie de l’homme et en son pouvoir de corriger la destinée. En 1835, « La nature stupide nous insulte assez », dit-il (3) ; en 1840, « la nature nous déteste », écrit-il à Mme de Lagrange (4) ; en 1843, un poème à faire, la Terre, eût chanté l’homme qui « se défend sans cesse de la terre et de l’air qui attaquent» (5) ; un autre plan, Cybèle, eût montré que la « déesse mère » empoisonne l’homme
aux extrémités. Violents murmures aux centres. Longue agitation. La'séance reste suspendue pendant quelque temps). Guizot répondit avec hauteur et concision. Il reprocha à Lamartine de manquer de franchise et d’être injuste envers le Roi. « Etes-vous depuis douze ans le point de mire des balles et des poignards des assassins? … » (Interruptions à gauche. Bravos prolongés au centre). L'effet de cette réplique fut considérable. Le député Corné, le lendemain, rappela «ce magnifique tournoi dont nous sommes encore tout émus » (Moniteur). Lamartine reprit la parole pour faire une retraite honorable. L'opinion fut qu’il avait perdu la partie. « Comment avez-vous trouvé, écrivait Doudan le 11 mars 1843, la façon dont M. Guizot l’a traité ? Je m’en suis fort réjoui dans mon cœur. C’était un beau spectacle de le voir plumer d’un air sévère ce bel oiseau des tropiques... J'espère que le chantre d’Elvire ne prendra plus de quelques mois des airs de dictateur... » (Doupan, Lettres, II, 3). Les Débats du 3 mars écrivirent : « L’expiation a été complète » (Cf. Moniteur, 3, 4 mars, 1843, 354, 355, 358).