‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 220 sur 311 · Politique Positive · texte numérisé non relu

Politique Positive

3. Comte partage l’idée de Vigny que l’État doit pensionner les savants et les artistes. « En pourvoyant…. aux frais matériels des travaux esthétiques ou théoriques, on instituerait une protection plus salutaïre et moins dispendieuse que celle qui résulte aujourd’hui du régime académique » (Politique positive, IV, 361-361). Mais si la classe active doit nourrir la elasse contemplative au même titre que l’homme doit nourrir la femme (Politique positive, 1,375), la classe contemplative doit en retour s’abstenir de l’action. « Si les philosophes doivent être exclus du commandement, les poètes y sont encore moins propres. Leur versatilité mentale et morale, qui les dispose à mieux réfléter le milieu correspondant, leur interdit davantage toute autorité directrice » (1, 279). C’est donner raison au Docteur-Noir sur Stello, quoique pour d’autres raisons ; mais Comte ajoute : « Les philosophes ne sont impropres qu’à l’action, mais la consultation leur convient ; tandis que les poètes ne doivent pas en général prétendre davantage à l’une qu’à Pautre. Idéaliser et stimuler, tel est leur double office naturel, qui ne s’accomplit dignement que d’après une concentration exclusive » (Zbid.) C’est assez lesentiment de Leconte de Lisle «Nul ne possède la poésie s’il n’est exclusivement possédé par elle», mais ce n’est plus celui du Docteur-Noir, qui conseille au poète d'agir, en conseiller, sur la vie des nations.

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