‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 219 sur 311 · Politique positive · texte numérisé non relu

Politique positive

3.-« Déjà Gœthe et surtout Byron ont pressenti la grandeur morale de l’homme affranchi de toute chimère oppressive. Cependant ils n’ont pu aboutir ainsi qu’à des types insurrectionnels, conformes à leur office révolutionnaire» (Politique posl- 1ive, I, 349).

former toujours aux grandes données scientifiques »; « Sous une

forme comparative » elle plaidera pour la religion de l'humanité ; institution sociale, elle participera aux fêtes « statiques » consacrées à l’ordre, et aux fêtes « dynamiques » consacrées au progrès (1). «Ainsi constituée, la poésie deviendra la principale occupation, active ou passive, de nos facultés spéculatives (2) ». Ainsi pensait Vigny, qui assigne au Poète la première place parmi les ouvriers de l'Esprit (3).

Or, qu'est-ce que la « construction du type fondamental » sinon l'expression de l'Humanité meilleure, telle qu’elle s’incarne dans le double mythe complémentaire du Berger et d'Éva ? Qu’estce que plaider pour la religion de l'Humanité, sinon affirmer la grandeur de l’être périssable devant l'indifférence de la nature éternelle ? L’éloge de l’ordre, qu’on a lu dans la Sauvage, n’est-il pas une célébration de la « statique sociale » ? Et celui de la civilisation conquérante, proposé en 1847, n’est-il pas le motif d’une fête du progrès ? En un mot, les Destinées réalisent, autant qu’on le

1. « Les fêtes de l’ordre, dit Comte... devront caractériser la solidarité statique du grand organisme. » Elles célèbreront l'Humanité, la Nation, la Province, la Cité, le Mariage, la Paternité, la Filiation, la Fraternité, la Domesticité. Elles auront un caractère plus abstrait et plus austère que les fêtes du Progrès, commémoratives des grands hommes de l'Histoire, ainsi que des âges fétichique, polythéique, monothéique, aboutissant à la fête de l’avenir (Politique positive, I, 343- 344). Cette conception sociale de l’art n’est pas sans lien avec celle de Fourier, pour qui l’« art sociétaire » devait être surtout la célébration de la société et de ses œuvres (cité par BourcIN. Fourier 289) ; elle rejoint celle de Saint-Just dont se raillait l’auteur de Stello(Siello, 225).

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