‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 247 sur 311 · Le Charentais, 21 avril 1848. 2. Corr., I, 207. ù · texte numérisé non relu

Le Charentais, 21 avril 1848. 2. Corr., I, 207. ù

3. Furent élus : Planat, maire de Cognac, modéré 67.508 voix ; Laboissière, montagnard, 66.388 ; Hennessy, négociant, modéré, 55.166 ; Ern. de Girardin, ancien député, mod., 42.829 ; Rateau, avocat 37.829 ; Math. Bodet, conseiller général, mod. 37.567 ; Babaud-Larivière, montagnard, 35.919 ; Pougeaud, mod., 34.202 ; Lavallée, montag., 28.417. Viennent ensuite : Chamborand, légitimiste rallié, 26.118 ; Thibaut, 25.832 ; Cellibet, 24.046 ; Montaxier, 21.742 ; Sazerac, 18.476 ; Lassée, 17.428 ; Desouches, 16.798 ; Nassaud, 14.849 ; Bouillaud 14.188. Les candidats Salmon, Jobit, Vignaud, Garnier, Horric, de 14.000 à 8.000 voix. Les candidats Fèvre, Nebout, Louis-Napoléon Bonaparte, Bouhier, Filhon, Pinoteau, Lemercier, Tilhard, Lamballerie, Duvergier, Bonneux, Depont, Sébastien Deplas, Bonniceau, Grézillat, de 8.000 à 2.000. Dix-neuf enfin ont obtenu moins de 2.000 voix et n’ont pas les honneurs d’une mention nominative (Le Charentais 28 avr. 1848). 4. Corr., I, 248-249.

5. Résultats des élections en Charente : Inscrits, 114. 411 ; votants, 76.163. Elus : Mathieu Bodet, 50.418 ; Rateau, 48.524 ; de Girardin, 47.983 ; Pougeard, 47.681 ; Hennessy, 40.371 ; Sazerac, 36.362 ; André, 31.691 ; Lemercier, 28.636 ; venaient ensuite : Pierre Bonaparte, 26.335 ; Rabaud-Laribière, sort., 24.706 : Lavallée, sort., 23.723 ; (le montagnard sortant Laboissière ne s’était pas représenté) ; Montaxier, 21.987 ; Jobit, 21.029 : Juzeaud, 20.770 ; Levraud, 20.197 ; Paquier, 20.096 ; Rivaud, 22.742 ; le général Montholon, 16.267. On voit que les résultats avaient été défavorables à la Montagne, à l'inverse de ce qu’on constatait dans d’autres régions du centre-ouest.

modéré a obtenu une grande majorité, mais on n’a pas compris le danger de l’éparpillement des voix et les suffrages se sont divisés sur un grand nombre de candidats (1) » Le châtelain du Maine- Giraud dut recueillir quelques suffrages à Blanzac ou à Angoulême, mais, comme l’année précédente, sa candidature passa inaperçue.

Aïnsi, Vigny avait vu s’écouler tous les mois frémissants de la Deuxième République sans pouvoir se plonger dans leur agitation et y retremper ses forces. Il vante encore, quelque temps, laliberté de la presse, qui permet à des interventions généreuses « d’abréger les distractions décennales du pouvoir (2) » ; il garde, quelque temps, ses sympathies libérales : en août 1848, il se réjouissait» avec Lamartine, de la Révolution en Allemagne (3). Il n’excuse que les guerres d’affranchissement ; il écrit à Busoni le 10 août 1848 : «Libre et célibataire, j'irais comme volontaire servir sous le roi de Sardaigne, dont j’admire l’héroïsme et la persévérance (4) ». On entend ici l’ami de Miekieviez (5) et de Mazzini (6). Il prépare un poème dont Charles-Albert, le roi de Sardaigne victime de l’idée nationale, sera le centre et le héros (7). Il unit dans une même sympathie l'Italie et la Pologne, Charles-Albert et Sobieski (8) : ceci encore est bien d’un libéral. Tout le romantisme chevaleresque, à la Marchangy (9), lui paraît revivre dans cette

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