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Le Charentais, 24 mars

6. Ibid, 12 avril 1848. Un de ces légitimistes était un ancien officier nommé Horric, Vigny signalait le 12 juin 1853 au capitaine La Couwdrée des trois Horric »

comme trois de ses anciens camarades de la garde et très honorés. parmi les officiers (Corr., II, 275.)

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républicains par raison. Le Charentais, dans sa revue des candidatures, s'exprime ainsi sur le compte de Vigny.

« En première ligne, nous citerons l’honorable M. de Vigny, membre de l’Académie Française. Certes, voilà un nom qui, mis

en avant en temps opportun, eût servi de point de ralliement à.

une masse compacte d’électeurs. Malheureusement, il s’est décidé beaucoup trop tard à accepter la candidature pour que son nom, tout illustre qu’il est, puisse produire un grand retentissement dans nos campagnes.

«M, de Vigny, on le sait, est originaire du département de la Charente. [1 possède encore dans le canton de Blanzac une propriété assez importante dans laquelle il vient tous les ans passer un mois ou deux de vacances (1) ».

4: Cet article, si déférent, semble rédigé par un ami personnel du: poète, qui, instruit de l'esprit local, a prêté à Vigny une origine charentaise inexacte et affirmé des séjours en Charente bien plus réguliers qu’il ne les faisait. La propriété « assez importante » comptait 85 hectares. Le même n° du 24 avril 1848 cite « quelques lignes de l'honorable candidat, adressées dans cette circonstance à l’un de ses amis d'Angoulême »; ce fragment de lettre n’a pas été réuni à la Correspondance « Je témoignais, dit Vigny, à l’un des membres du gouvernement provisoire mon regret de voir l’Assemblée Nationale à Paris. J’aurais voulu qu’elle fût placée soit à Tours, soit à Bourges, gardée par de forts et nombreux bataillons de Garde nationale, bataïllons composés d’une compagnie de chacun des départements de la France. Les tribunes interdites à tout. homme armé et aux femmes. les représentants de la France ne doivent pas être exposés même aux applaudissements ». À l’intérieur, il espère que les conflits se borneront à une guerre « d'idées » « Ilfaut maintenant, ajoute-t-il, protéger la famille, la propriété ». Formules que sa proclamation répétait ou développait. La défense de la « famille » ne paraissait pas superflue à l’époque où les socialistes, à la suite des Saint-Simoniens, parlaient volontiers. de remplacer « un joug parfois odieux » par « une association fondée sur l'estime et la sympathie » (proclamation du commissaire du gouvernement Babaud-Laribière, candidat). « Ses adversaires, écrit le journal bourgeois, ne se font pas faute de le représenter comme un homme qui veut désorganiser la famille » (Charentais du 9 avril).

I1 peut être intéressant de rapprocher les déclarations de Vigny de celles d’un de ses concurrents heureux, Aug. Hennessy. Celle-ci est datée du 24 mars (cf. Charentats, 5 avril). « Le nouvel édifice,.dit Henneny, doit avoir pour bases : le peuple, ne cherchant qu’en lui-même son gouvernement et sa force : la protection des personnes, des propriétés, de tous les droits légitimement acquis ; le libre exercice de toutes iesreligions, la libre expression de toutes les opinions ;.… l’accès des emplois. à tous les citoyens. les bienfaits de l'éducation mise à la portée de tous :.. libre concours des capitaux de l'intelligence et du travail ; [développement. de] l’agriculture, source. féconde et si peu encouragée de notre prospérité ; amélioration du sort des travailleurs, organisation de secours assurée... pour soulager leur vieillesse ». On remarquera que ce programme, que devaient reprendre, sous le régime actuel, les radicaux-socialistes, est notablement plus « avancé » que celui d'Alfred de Vigny. Pourtant, le poète, dans une lettre à

LA

Le journal louait la vie privée du poète, et concluait : « Que M. de Vigny veuille bien agréer ces quelques lignes comme un hommage rendu non seulement à sa belle réputation littéraire, mais aussi aux sages principes d'organisation qu’il a émis dans sa profession de foi ».

Cette candidature dédaigneuse, condamnée par le principal organe de l’opinion modérée (1), abandonnée même du poète qui ne fit répandre son appel qu’à quelques centaines d'exemplaires (2), passa complètement inaperçue (3). Les procès-verbaux officiels ne donnent pas le chiffre de voix obtenu par les candidats qui n’ont pas réuni 2000 suffrages. Vigny dut avoir les gens de sa maison, quelques amis d'Angoulême, quelques lecteurs isolés. Lors du renouvellement de 1849, il résidait en Charente depuis neuf mois. I1 se représenta (4). Une fois de plus, il refusait avec hauteur de soutenir par sa voix le prestige de son nom, et le résultat fut digne de son dédain. Les représentants montagnards sortants, comme Babaud-Laribière et Lavallée, furent battus par une liste modérée homogène (5) ; « à Rouillac et à Blanzac surtout, le parti

O. Landry, maire de Blanzac, sensiblement postérieure à la Révolution, se félicite — comme semblait l’y inciter son concurrent — de ce que « tout emploise donne à l'instruction, au concours et à l’examen. C’est la loi la plus juste dans ies sociétés civilisées » (A. DE V., Quelques lettres inédites, R. H. L., 1917).

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