‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 257 sur 311 · Corr:, I · texte numérisé non relu

Corr:, I

2. « M. Nisard, écrit-il le 8 février 4850, est pour moi une très ancienne connaissance. J’ai lu (de lui) un travail excellent sur les classes moyennes en Angleterre » (Corr., II, 3). Nisard loue chez les Anglais la piété, l'attachement à la liberté et au roi, le respect de l'aristocratie traditionnelle fortifiée par le droit d’aînesse, l’intelligence pratique cultivée dès l’enfance dans les vieilles familles, la connaïssance précise de l’histoire nationale ; il blâme la vantardise française (telle qu’elle apparut à Vigny en 1840) et l’esprit de maladive intrigue dans la bourgeoisie. De même que Vigny, Nisard voit dans l’activité de la bourgeoisie le ressort des révolutions : « Le vainqueur de février, dit-il, hélas, c’est la bour-

geoisie, c’est nous ; et, si nous laissons d’autres s’en vanter, c’est que l’affaire ne nous a pas été bonne. Disons-nous honnêtement nos vérités. Nous seuls, oui, nous bourgeois, nous faisons et défaisons les gouvernements. Le peuple nous y aide, mais ce n’est pas lui qui commence : il pousse nos cris, il va au feu sous notre drapeau » (NisarD, Les classes moyennes en Angleterre et la bourgeoisie en France, 41849, IV, 993.)

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