Corr:;, 1, 266.: 4. Corr., Il
5. Cette admiration pour les institutions comporte quelques réserves à l'égard des hommes (Journal, 244), Par instants, sa pensée se reporte vers les
mentaire (1). Vigny commence à cesser d’être républicain, 1l n’est pas encore bonapartiste. « Ce moment est une halte dans une sorte de Consulat qui donne le silence dans les rues, et voilà tout (2) » (22 déc. 1849). Malgré le mot de Consulat, il ne croit pas à la solidité du régime de Louis-Napoléon. Quand, l’année suivante, la France est tout entière remuée par la loi électorale du 31 mai et par la loi sur la presse, Vigny n’apporte pas une adhésion rapide à ces mesures de compression (3). Les approches du Coup d’État le laissent indifférent. Quand le suprême conflit s’engage sur la proposition des questeurs : «Voilà, dit-il, les deux locomotives lancées l’une contre l’autre (4) ».
Il n’est donc pas certain que Vigny ait souhaité l'établissement de l'Empire. Mais quelle sympathie le rattachait à cette Assemblée dont la porte s’était refermée devant lui ; dont tous les chefs, les « burgraves », Molé en tête, appartenaient à cette bourgeoisie orléaniste,et qui passait de la faiblesse terrifiée à la réaction aveugle ? Le 3 décembre, le Constitutionnel (5) lui apporta la proclamation de Louis-Napoléon affichée à Paris, la veille ; on y lisait :
ÆFrançais ! La situation actuelle ne peut durer plus longtemps !... L'Assemblée, qui devait être le plus ferme appui de l’ordre, est devenue un foyer de complots. Elle encourage toutes les mauvaises passions, elle compromet le repos de la France ; je l’ai dissoute et je rends le peuple entier juge entre elle et moi. Je fais donc un appel loyal à la nation tout entière et je lui dis : Si vous voulez continuer cet état de malaise qui nous dégrade et compromet notre avenir, choisissez un autre à ma place. [Ma] mission consiste à fermer l’ère des révolutions, en satisfaisant les besoins légitimes du peuple et en le protégeant contre les passions subversives. Elle consiste surtout à créer des institutions quisurvivent aux hommes et qui soient enfin des fondations sur lesquelles on puisse asseoir quelque chose de durable (6) ».
États-Unis pour y mesurer le progrès accompli par la vertu de la discipline sociale : c’est un écho de la Sauvage, mais chagrin et appauvri. « L’état naturel de l’homme, c’est l’état des sauvages Iroquois et Hurons et des naturels de la Nouvelle-Zélande tombés à l’état des singes. » (A. ne V., journal R. L. C., 1993 631). Vers 1850, il médite de peindre, dans la prairie canadienne, la décadence d’une race qui, ruinée par l'égalité, «se perd dans les bois et les neiges. » (bid.).
L.\Corr., 1,7286,1244-945, 2. Corr., 1; 281. V8 Uorr., II, 43.