‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 264 sur 311 · L. RATISBONNE, préface du Journal · texte numérisé non relu

L. RATISBONNE, préface du Journal

7. LATRgILLE. Sainte-Beuve et A. de V., 1, 369. Persigny avait une vieille rancune contre le poète. En 1839, Vigny avait vu le confident du prince chez lady Blessington. Le « séide » du prétendant comparait L. Napoléon à Octave, Vigny feignit de ne pas comprendre ; puis : « Cela est possible, car qu'est-ce qui ne l’est pas en France ? En tout cas, qui vivra verra » (cité par BARBIER, dans ses Souvenirs personnels, 361). Les Mémoires de Persigny, consacrés à la politique générale, ne renferment que peu d’anecdotes. Le chapitre où il traite du voyage présidentiel dans le midi (Mémoires, p. 170-186) ne renferme pas d’allusion à la visite d'Angoulême. Persigny avait de bonnes relations avec Lamartine vieilli (Ibid., 495-496) ; mais son caractère était impulsif au point qu’il insulta l'impé-

LC er

ka

sont exercés aux razzias » (Corr., à Mme Lachaud, Histoire d’une âme, 128).

A se voir privé de tout crédit (1), le poète sentait bien peut- à être cette inimitié ; mais sa crainte du Spectre Rouge, à en croire Lamartine, ne s’était pas atténuée (2) ; et, bien qu'il se flattät de

n'être pas un « trembleur (3) », il crut; pendant plusieurs années, qu’il lui fallait tenir en armes les gens de sa maison (4), car les communistes menaçaient sa vie et voulaient enfoncer sa porte (5).

Il conserve quelques amitiés bonapartistes (6), mais ne comprend

pas l'opposition républicaine ; Hugo lui paraît n’avoir cherché par sa bruyante résistance qu’un moyen de se maintenir en scène (7) ; quand il refuse, avec Louis Blanc, l’amnistie impériale, Vigny blâme cette opposition de mauvais goût (8).

Vigny fait plus que se rallier, il se désavoue. L'auteur de Chaiterton a cessé de s’attendrir sur Escousse (9). Pour résister au matéria-

ratrice dans un mouvement d'humeur (Zoid., 509), ce qui tendrait à confirmer la relation de L. Séché.

1. 1858, Corr., II, 170 ; 4861, Corr., Il, 194. Il semble que Buloz eût caressé l'espoir de lui faire jouer un rôle politique. Vigny lui répond (24 juin 1857) : « Vous avez pour moi toutes sortes d’ambitions qui ne me sont point venues à l’esprit. Je ne sais point parler de ces choses, et j'aurais, au contraire, beaucoup à discourir sur les belles-lettres ». (A. DE V. Corr., dans Pailleron, F. Buloz et ses amis). L’inimitié des milieux officiels se révéla ouvertement après sa mort. Buloz

ES

+ dr REY

ar.

Page 1