Ibid., 4853. 8. Tbid., 1859. 9. Corr., I
être violée par « vingt drôles » (sic) de ceux qui participèrent à « l’émeute du « :
- Tisme révolutionnaire, le poète incroyant demande à l’Église de Pie IX sa force de compression sociale (1). Il blâme Bungener d’avoir souligné les fautes politiques et morales de l’Église (2). Dira-t-on, pour expliquer ce revirement, qu'aux environs de 1850, Vigny s'oriente vers une sorte de spiritualisme chrétien (3) ? C’est impossible. En septembre 1850, il ne trouve aucune espérance religieuse pour consoler Camilla Maunoir (4) ; en 1852, même silence en face d’un deuil d’Auguste Barbier (5). Et, en octobre 1853, il publie le poème positiviste la Bouteille à la Mer. Mais il n’aimait pas les protestants (6) ; il estimait la confession (7) ; il avait écrit, depuis longtemps, que le catholicisme avait fondé le roman d'analyse (8). Par dessus tout, en 1852, il lui paraissait opportun de faire appel à tout ce qui calme et contient la société (9).
4,»Corr:, IL 97.
2. Corr., II, 96. C’est louvrage de Bungener : Trois sermons sous Louis XV (Paris-Genève, 1849,. 3 vol. in-120), qui semble avoir le plus inquiété Vigny. Il comprend : 1°. Un Sermon à la Cour ; 2° Un Sermon à la ville, 3° Un Sermon à la campagne. Le ton en est vif. Bungener attaque Louis XV (Buncener. Trois sermons sous Louis XV, I, 233). Il reproche à l’Église catholique de manquer de probité : « Quand elle dirait nettement à ces gens-là [les indifférents] ce qu’elle pense d’eux, ils seraient bien forcés d’avouer qu’ils ne lui appartiennent plus, qu’ils ne lui ont jamais appartenu. Mais elle est trop prudente pour provoquer lexplication. Tout ce qu’elle veut, c’est que vous ne sortiez pas par la grande brèche de Luther... Accordez [ à l'Église ] qu’elle est belle, elle n’ira pas chercher ‘si vous la trouvez bonne » (Zdid., I, 168). Bungener attaque très vivement la -contrainte : « Les textes mêmes sur lesquels votre Église appuie ses prétentions à l’infaillibilité ne peuvent, au fond, compter pour rien Dieu... veut l’unité... Il veut l'unité ! Vous n’en savez rien. Pouvez-vous avoir le droit de forcer qui que ce soit à faire son salut par un moyen plutôt que par un autre ?.. Direz-vous que l'autorité de l’Église est indifférente aux moyens, bons ou mauvais, par lesquels ‘on l’a soutenue ?.. Je répondrai que cette autorité, sans les rigueurs, n’est qu’un mot. La persécution, voilà le complément nécessaire, indispensable, du système romain » (Zbid., III, 253-255). Bungener parle des Jésuites comme en parlait Pauteur de Cinq Mars : « Il ricanait, le bon père... » (Zbid., IT, 281). Le supplice de Calas (Zbid., III, 325-359), très minutieusement décrit — question et roue —, fait exactement songer à celui d’Urbain Grandier . « La description des supplices, observe le biographe de Bungener, occupe dans cet ouvrage une trop grande place et. n’arrive pas toujours à propos ». (GAMBIER, Félix Bungener, 85-85).
3. REBELLIAU, {niroduction à la correspondance de A.de V. à A. Barbier. {R. Bleue, 1904).
HMCorr 49/5 2Corr. 11, 108:
6. V. la scène racontée par Mme Franck à sa fille Delphine, dans L. Sécré, A. de Vigny, LI, 252-255. k
7. « Oui, soupire Kitty Bell, il y a des moments où je voudrais être catholique à cause de leur confession ! » (Chatterton, IT, 4). 8. Inédit.
9, Corr., 11, 97. Cf. son estime pour les missionnaires chrétiens, 8 sept. 1855, Corr., II, 128 — Toute cette lettre à Bungener est d’une sincérité douteuse.
De même qu'il a su taire son agnosticisme, il rature ses œuvres s0ciales ; s’il prépare un ouvrage sur l’Empire, il garantit à l'Empereur que ce livre, sera, à l’inverse de Servitude, «épuré de tout poison, afin, dit-il, qu’il ne s’y trouve pas une arme contre vous dans le monde (1) ». Quand en 1857, on reprend Chatterlon, il accompagne docilement l’évolution hostile de l’opinion.
La salle était froide. « John Bell, a écrit Gautier, qui ne veut pas qu’on détruise ses mécaniques et prétend qu’il faut payer par un travail assidu son écot au banquet de la vie, semble le seul personnage raisonnable de la pièce (2) ». L'auteur a dû supprimer quatre passages, qui pouvaient mettre en cause les Juifs (3) — nombreux dans l'entourage impérial —, les catholiques (4), l'Italie (5), l'administration intérieure (6). Il l’a fait sans se plaindre, lui qui se félicitait, en 1848, de pouvoir bientôt inprimer ses « pensées entières, délivrées des censures d’un pouvoir ombrageux et insolent (7) » Ne désavouait-il pas la descendance de Chatterton comme Chateaubriand avait désavoué celle de René ? Lamartine l’affirme (8) ; lui-même, dès 1850, on l’a vu, dédaignait le souvenir d’Escousse (9) ; s’il garde pour les jeunes gens, bien élevés et timides, qui lui écrivent encore, une bienveillance affectueuse (10), il se soucie également des vieux travailleurs, comme
Pourquoi cet éloge de Lamennais, le Lamennais ultramontain de 1817, dont Vigny se défiait en 1831 ? (Corr., I, 54, cf. plus haut, chap. V, sect. 1). Pourquoi cette allusion élogieuse à Lamartine ?