CONCLUSION SD
le problème métaphysique de la Destinée qu’à travers le prisme 4 de ses espoirs ou de ses découragements politiques.
* Pourtant, cette pensée est grande. Elle est grande parce qu’elle revêt ses contradictions de la parure émouvante de l'Art, et l’Art | nous Conquiert par l'accent de souffrance contenue imprimé à ie l’œuvre entière. Nous ne lisons plus Vigny pour justifier la noblesse, +0 ni pour fonder en raison le positivisme. Nous le lisons pour savoir de quels combats fut déchirée l’Intelligence au xrxe siècle, et quels débats secrets nous étouffons encore en nous. Nous le lisons pour savoir l’enfantement douloureux d’un âge, d’un âge qui est encore nôtre, car il n’est pas un de nos attachements dont Vigny n'ait porté la chaîne, il n’est pas une de nos inquiétudes — si hardie soitelle —, qu’il n’ait pressentie et formulée. Aussi connaît-il, à mesure ÿ. que les années passent, une étrange jeunesse nouvelle, d'autant plus profonde que nous serutons plus sincèrement les drames ÿ sociaux du monde contemporain. Voici près d’un siècle que, dans : une page mystique, il avait prévu sa fortune : « Votre royaume, dit le Docteur-Noir, n’est pas de ce monde sur lequel vos yeux sont ouverts, mais de celui qui sera quand vos yeux seront fermés ».
25 Octobre 1926
VU ET LU-“ Le Doyen de la Faculté des Lettres
4 de l’Université de Strasbourg, 4 CH. PFISTER ‘ Strasbourg, le 15 octobre 1926.