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Nous descendons dans le pessimisme avec la rédaction définitive d’Eloa.
Eloa est un poème mystérieux, on ne peut pas dire mystique. Eloa n’est pas un ange ; elle est une femme (1), qui ne sait pas se défendre contre l’homme sensuel et calculateur. Satan n’est pas Satan : ce jeune homme inconnu tient du « bellâtre » (2), du poète et de l’amant.
Ce méchant qu’on accuse est un consolateur.
Au troisième chant, le caractère humain de Satan s’accentue, jusqu’à la bizarrerie : n’a-t-il pas joué de la lyre sous les fenêtres. de la bien-aimée (3) ?
Il évoque l’amour et sa simplicité perdue :
« Si je vous connaissais, Ô larmes des humains ! (4).
N’avons-nous pas entendu Moïse tenir un semblable langage ? Satan est, à quelques égards, un autre Moïse, perdu par la sévérité divine et sous Le poids de son propre génie.
Plus noire encore est l’inspiration du Déluge (1824). Que restet-il donc au poète du Trappiste, si les rois s’en vont et si Dieu restesourd ?
II lui reste d'utiliser sa jeunesse — il a vingt-sept ans — en vue d’une action quelconque, dans les limites de la décence et de l'honneur. Comme on l’a fort bien dit : « Cette jeunesse d'Alfred de Vigny, toute pleine d’ardeur contenue, est à peu près le contraire du désespoir (5) ».
L'accueil fait à Æloa, contrastant avec le succès du Trappiste, le déçoit et l’inquiète un peu (6). Par instant, il doute de son
1 AT « De quel air cheminent ces anges | Ce sont femmes du monde dans le ciel «:(DorIsoN).