I. — LE ROMAN
Vigny, à quatorze ans, se passionnait pour les Mémoires de Retz, et il a dit : « I] me sembla, depuis, acquitter une véritable dette d'amitié lorsque... je peignis l’abbé de Gondi (1). » Avec toute son époque, il a lu attentivement Walter Scott (2), mais l’œuvre de ce « simple et illustre vieillard » ne l’a pas satisfait : à des personnages de pure fiction, il souhaite substituer une « grande figure historique » dont la présence accroisse « l'importance du livre ». Il avait déjà assez vécu pour dire ce qu'il savait et ce qu’il avait souffert (3);
las des demi-succès poétiques, il méditait une œuvre vaste, claire.
et sonore, qui le rendit populaire. A ce titre, Cing-Mars, s'apparente à tous les actes importants de la vie de Vigny de 1824 à 1827 : à sa retraite de l’armée, à son mariage ; à tous ses efforts pour goûter, après la blessure des premiers contacts sociaux et du doute métaphysique, les compensations d’une vie intellectuelle, brillante et honorée.
L’écho de la guerre d’Espagne, sinon la vision de cette guerre,