‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 68 sur 311 · WeiLu, o. c · texte numérisé non relu

WeiLu, o. c

10. Les Saint-Simoniens renfermaient nombre de Juifs, comme les frères Rodrigues, Pereire, d’Eichtal ; ils avaient un naturel respect pour la Bible, et ils estimaient Ballanche (Jbid., 14, 15, 16).

évidente au libéralisme bourgeois, flattait en Vigny le gentilhomme nourri de la Bible. On lui prédisait la chute du catholicisme en lequel il avait cessé d’espérer ; on lui exposait un système d'opinions sociales coordonnées et optimistes, quand il se sentait à la dérive, plein de doutes et d’ennuis. À un homme privé d’affections, entre une mère âgée et une femme sans grâce, le Saint-Simonisme offrait le tableau d’une vie fraternelle. Le souci des pauvres, quoique nouveau pour lui, ne lui répugnait pas, depuis que, renonçant à s’enrichir par le mariage, il se trouvait rangé parmi ceux qui « gagnent » et non ceux qui « ont ».

D'autre part, ü entendait exalter comme un immortel bienfait cette Révolution à laquelle il ne pensait, depuis son enfance, qu'avec horreur ; répudier les pratiques d’une religion dont les rites lui paraissaient respectables ; surtout, le despotisme naissant d’'Enfantin dut lui faire redouter qu'il aliénât son indépendance spirituelle entre les mains de ce trouble séducteur (1). Il fut intéressé, séduit, mais non conquis sans retour.

Vigny s’ouvrit deses sentiments à Sainte-Beuve, qu’il fréquentait assidûment depuis 1828 (2) ; Sainte-Beuve écrira en 1864 : « M. Buchez et ses amis avaient remarqué au sein de l’Ecole romantique la haute personnalité de M. de Vigny et avaient tenté de l’acquérir : il leur résista (3)». Nous rectifierons ce témoignage par les lignes suivantes, bref sommaire d’un chapitre malheureusement absent des Mémoires, écrit de sa main :

« 1830. Efforts et luttes de l'Ecole Saint-Simonienne. Lettres de mes amis : Buchez, Robert, Bois-le-Comte, Boulland.

« Lettres d’inconnus adhérents.

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