‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 7 sur 311 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

sur le même auteur. On semble se rappeler que, dès 1863, H. de Lagardie avait écrit : « Il resta au fond du cœur [de- Vigny] des ambitions politiques muettes et refoulées (1) », et les ouvrages de M. Dorison font entrer la critique de Vigny dans une phase nouvelle.

Sa première étude (1892), tout.en reprenant une affirmation, assez contestable, de Blaze de Bury, apparentait Vigny aux

. sociologues du x1x® siècle, enrichissait son œuvre d'extraits

précieux, et, surtout, grâce à sa profonde connaissance d’écrits jusque-là mystérieux, interprétait sainement sa pensée philosophique : « Les Destinées ne respirent que lutte et courage (2) ». Dans un deuxième ouvrage (1894), il s'attache exclusivement. à discerner chez Alfred de Vigny un sociologue mystique, occupé, trente ans de sa vie, à déterminer le «symbole » qui tiendra heu de mythe à la collectivité future ; il nouaït le ben de Vigny à Auguste Comte, soulignait les articulations historiques de sa pensée, découvrait Daphné (3). On peut contester, discuter certains points de vue de M. Dorison : on me peut méconnaîitre que, dans le raccourci chronologique qui: nous occupe, son œuvre marque la date capitale.

Vigny « ne fut à proprement parler ni un moraliste, ni un: sociologue, mais il avait des vues personnelles sur la philosophie, la morale etla société, sans pour cela créer des systèmes, écrire des traités ou préconiser des formules. Tout cela se fondait en une forte intelligence générale ». À ce jugement d'Henri de Régnier, le sonnet de Sully-Prudhomme. (1897) répond en quelques vers d’une pénétration profonde (4). Dès lors, la cause du poète est gagnée (5) et les études

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