‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 9 sur 311 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

se multiplient autour de lui. On scrute ses relations, on analyse sessources, on dénombre sesmaîtresses, on visite sa maison. Quatre beaux volumes d’Ernest Dupuy (4905-1913) révèlent avec un « tact infailhible » sa jeunesse, ses amis, les milieux qu’il a traversés, plusieurs des inspirations de son œuvre. Trois volumes de Léon Séché nous renseignent sur les smgularités de sa famille et de ses amours. Mlle Sakellaridès (1903) étudie « Alfred de Vigny, auteur dramatique » et rassemble une partie de sa Correspondance. M. F. Baldensperger,dans une série de critiques subtiles ‘et sereimes, rattache Alfred de Vigny à ses sources étrangères, et précise plusieurs aspects de: sa pensée sociale (1912). Si M. Lauvrière peint Pauteur des Destinées comme un dégénéré aux éclairs de génie (1909), M. Estève écrit avec autorité : « Sa pensée baïgnait dans l’atmosphère contemporaine, les souffles philosophiques, politiques, Sociaux, qui remuaient celle-ci n’ont point passé sur elle sans l’agiter et la féconder », il rejoint M. Baldensperger pour affirmer l« actualité de Vigny », pour définir en Vigny les éléments d’une « morale de l’action (1923) ».

M. Citoleux met au jour les sources littéraires, persistances classiques, affinités étrangères. Une floraison d’articles érudits, de maint chercheur, atteste le crédit vainqueur d’une pensée dont la richesse paye les inquiétudes de notre génération troublée. L'entrée de l’œuvre dans le « domaine public » a vu se multiplier les éditions de toute sorte : Morceaux choisis, tirages à bon marché, collections à la fois élégantes et savantes, comme celle à laquelle préside M. Baldensperger, qui, par la richesse originale des textes, par la précision des éclaircissements, dote les chercheurs et les lettrés d’un instrument chaque jour plus complet.

Si abondante que soit cette production, elle a pourtant laissé dans l’ombre certains aspects de la pensée de Vigny.

meilleurs livres » ayant provoqué 764 réponses, 616 portèrent le nom de Hugo, 563 celui de Molière, 426 celui de Musset, 352 celui de Lamartine, 214 celui d’A. Daudet, 166 celui de Loti, 136 celui de Sully-Prudhomme, 89 celui de Vigny. Ni Leconte de Lisle, ni Baudelaire n’avaient recueilli un chiffre notable de voix. En 1902, une enquête ouverte par l’Ermitage, dans un milieu, il est vrai, différent, donnait à Hugo 93 mentions, 48 à Vigny, 47 à Verlaine, 46 à Lamartine (Cité par BALDENSPERGER, o. c., p. 415).

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