‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 90 sur 311 · EE TRIER · texte numérisé non relu

EE TRIER

24 mars 1831 ; à l'extérieur, il refusait de soutenir la politique

d'intervention que réclamaient les Hbéraux ; à l’intérieur, il luttait avec énergie contre le parti républicain, dont l’audace venait d’éclater au procès Cavaignae (avril 1831) (1). L’insurrection de Lyon était étouffée en novembre ; les Saint-Simoniens, poursuivis en janvier 1832, allaient être condamnés, en août, à la dispersion (2).

Partout, la fièvre tombait ; le vertige des premiers jours faisait place à une vue tantôt plus rationnelle, tantôt plus sceptique des choses. La méditation retrouvait sa place dans les esprits un instant troublés par le désir de l’action immédiate. C’est cette réaction, — il ne faut pas dire ce renoncement — que traduit Stello.

Le personnage (3) de Stello (4) incarne, primitivement, les velléités d’action politique que nourrit alors Alfred de Vigny. « Il ne me reste rien, dit-il, qui me garantisse contre les mouvements violents de mon cœur, etc. (5) ». « Cette idée, lui dit le Docteur-Noir, vous préoccupait HE longtemps (6) ».

Il est vrai qu’on ne nous définit pas clairement cette idée ; mais Paris laisse entendre que c’est une idée semi- aol semibuchézienne, et Stello confirme cette impression. Le type créé par Vigny lui ressemble, sans s'identifier complètement au personnage de l’auteur. Il est un mélange de faiblesse et de force, de hardiesse et de timitidé. Il n’est pas nototrement gentilhomme, puisque le Docteur exprime l'espoir contraire (7) ; il est, assurément, sans préjugé de naissance. À en juger par l’ameublement de sa chambre, on peut. le croire dégagé de soucis matériels (8). Son état physique est inconstant. Neurasthénique (9), il passe ses jours prostré sur un canapé ; il a des distractions rapides et complètes, des sommeils qui ressemblent à des évanouissements (10). Mais, s’il n’est pas de

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