‹ La pensée religieuse de Joseph de Maistre; d'après des documents inéditsChapitre 52 sur 101 · CEuvrei, VIII, p. 192 et · texte numérisé non relu

CEuvrei, VIII, p. 192 et

iiisHonl ailhnir» les opinioiiH. Los principes seront

• l.'ins une (liK-tualion sunniblti ; un auteur, porté tu x Mil' s il y a vingt som, aujourd'hui «era oublié, etc.,

• II. Si TotTet existe on doit s'en apercevoir, et si l'on > tu aperçoit on doit s'en plaindre. Il faudrait voir

iir les lieux mômes si cotte mine mérite d'être «reusée. >

Et Maistro, onlin, voulait faire intorpeller, sur les boTds de la Spr('M\ philosophes et théoloiiicns.

t Les philosophes de TAllemagne protestante ayant ouNertoment attaqué le christianisme dans ces derniers temps, on désirerait dans ce genre une collection des traits les plus frappants. On désirerait surtout mettre dans tout son jour la secte de Kant et n'avoir à citer que les écrivains les plus marquants.

Mais les théologiens protestants sont bien autrement importants que les philosophes. On peut dire de ceux-ci qu'ils ont suivi l'impulsion générale de leur siècle, et que ceux do France ou d'Angleterre ont tout aussi mal fait. Il n'en est pas de même des théologiens dont les erreurs sont une suite naturelle et prédite du système protestant. Il faut donc montrer la corruption de la théologie protestante devenue tout à fait socinienne et déiste. 11 faut signaler ces exégèses allemandes qui font disparaître entièrement 'inspiration des Livres saints et mesurent tout au

rimpas écrit de la raison humaine. Un théologien lemand a fait un livre intitulé : Mytholofie kéhrûX^ue t l'Ancien et dv Nouveau Teitamenty comparée à celU

des autres peuples^. C'est un étrange livre de la part d'un théologien, et peut-être il fournirait quelques lignes brillantes. On recommande par-dessus tout Herder, et parmi ses ouvrages les Lettres orientales. »

Le regard inquisiteur que, dans cette lettre, Maistre jetait sur la pensée germanique, ne devait plus s'en détacher. Il y avait un coin d'Allemagne vers lequel s'envolait volontiers son imagination curieuse : c'était cette bibliothèque de Hanovre qui conservait — Maistre le savait depuis 1796 — un manuscrit de Leibnitz, où s'exprimait l'adhésion du philosophe à la notion catholique de l'Eucharistie. Maistre, en 1810, essayait, vainement d'ailleurs, de se le faire communiquer, et se berçait de l'espoir que ces pages du « plus grand des protestants », le jour où elles seraient exhumées, rapprocheraient peut-être du catholicisme l'orthodoxie luthérienne*.

1. Maistre fait allusion au livre de Geo. Lor. Bauer, intitulé llcbràische Mythologie des Allen und Neuen Testaments und Parallèle aus der Mythologie andern Voelker, publié à Leipzig en 1802.

2. Œuvres, XII, p. 474 et 486; XIII, p. 27; XIV. p. 115. Sur ce manuscrit, qui faillit un instant être publié par Bonald et qui fut finalement publié par les Sulpiciens, voir Méric, His taire de M. Emery, II, p. 367-369 (Paris, Poussielgue, 1895).

l'évolution DBS JUOKMBNTS OB MAISTRB AO SUJBT DB l'ILLOMINISMB

L'influence des Jésuites et sa familiarité croissaate avec les courants intellectuels de l'Allemagne amenèrent Maistre à réviser ses jugements sur l'illuminisme. Lorsqu'étaient parus les Mémoires de l'ancien Jésuite Barruel pour servir à r histoire du Jacobinisme, Maistre, à Cagliari, les avait lus : un manuscrit de six grandes pages, très denses, nous le montre, en 1801, courbé sur ce livre, en copiant certaines phrases qui lui déplaisent, et débridant sa mauvaise humeur. Barruel insinuant que les maçons avaient raison de se réclamer des Templiers puisqu'ils étaient « leurs pareils par l'impiété, leurs pareils par les complots ), Maittre évoquait le souvenir de tant

de maçons « exilés et ruinés pour le Roi ». Barruel accusant le « maçon martiniste » de « copier Manès et les Albigeois », Maistre commentait :

(( Jamais un homme d'esprit n'a rien écrit de plus sot : tout ce que l'auteur dit de M. de Saint-Martin est si faux, si calomnieux, qu'on a droit d'en être étonné. Quant à l'accusation de manichéisme, faite à cet écrivain, elle cesse d'être calomnieuse à force d'être ridicule. »

Barruel imputant à la maçonnerie et à Tilluminisme les crimes des révolutionnaires, Maistre en cette même année 1801, dans une note des Mélanges B, se déclarait d'accord avec tous ceux qui avaient écrit contre ces «c coquins » ; mais c'est parce que révolutionnaires, et non parce qu'illuministes, qu'il les réputait malfaisants, et il continuait de nier que l'esprit révolutionnaire fût fils de l'illuminisme.

« Le germe des maladies morales est dans Tâme comme celui des maux physiques dans le corps, sans se montrer. A voir un malheureux couvert d'une petite vérole confluente, on a peine à croire que ce soit le même liomme qu'on a vu quelques jours auparavant brillant de santé. Quand on voit les exploits de Robespierre ou de Carrier, on dit : il faut que ces àmos aient été préparées de loin dans les loges secrètes. Point du tout ; c'est la petite vérole. »

Enfin, non sans quchjii II un, Maistrc écartait cortuines suspicions il. l; n i uel :

V. Si ces gons étaient si redoutables avec leur aqua lophanùy comment le docteur Zimmermann, comment 1 abbé Barruol lui-même et tant d'autres, ont-ils pu

(V^riro iiiipuiK^inoiit contre ces Messieurs? >

eu

Mais iiuil uns ^c paj>i>aiont, ol dans le onzième trctien des Soirées de Saint-Pétersbourg, dont !• >i(;mier jot parait remonter à 1809, Maistre l>arluit de € ces hommes coupoles qui osèrent de nos jours concevoir et môme organiser en Ailema|;ne, par la plus criminelle association, l'aiïreax projet d'éteindre en Europe le christianisme et la souveraineté* >. t L'illuminisme d'Allemagne n'e^t pas autre que le calvinisme conséquent* », redisait-il en 1810; et puis, en 1811, dans les Quatre chapitres sur la Russie, c'est vers le gouvernement môme du Tsar que montait sa voix, pour dénoncer à l'écart de la maçonnerie anglaise, à l'écart du martinismc, l'existence d' € une troisième classe d'illuminés, très mauvaise, très dangereuse, très active, et sur laquelle on ne saurait trop appeler l'attention des gouver-

1. Œuvre», V, p. 229. — Dès le premier i {CEurres, IV. p. 25\ le Comte, daot U meatioa qu'il jyt ém « illumiDés de Bavière >, parait les aaaimiler àdet •cëlénti.M le sénateur (IV, p. 41) M défend d'être iltutmné de cette fcfoali,

a. Ceuvrtê, VIII, p. 215.

nements », secte « beaucoup plus féroce en Allemagne qu'ailleurs, parce que le venin protestant a son principal foyer dans ces contrées ». Insistant sur l'illuminisme bavarois, il expliquait :

« Son chef est connu, ses crimes, ses projets, ses complices et ses premiers succès le sont aussi ; les règlements de la secte ont été saisis, publiés par le gouvernement, traduits en français, et imprimés de nouveau par l'abbé Barruel dans son intéressante Histoire du Jacobinisme. »

Et parlant tout comme Barruel, Maistre accusait maintenant l'illuminisme allemand d'avoir (( déclaré une guerre à mort à tout ce que nous avons cru et respecté jusqu'à présent », et lui imputait, par surcroît, « certains crimes commis depuis quelque temps*. »

A Cagliari, tout en se rendant compte — comme l'attestait dès 1793 son mémoire à Vignet des Étoles — qu'il « ignorait » les « sociétés mystérieuses » de l'Allemagne, Maistre avait dédaigné les renseignements de Barruel; à Pétersbourg, il leur accordait créance. Parmi les 284 Jésuites qu'abritait en 1805 la Russie, un certain nombre étaient d'origine allemande - : ils purent raconter

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